Critique

Avec sa deuxième saison, Avatar trouve la terre ferme, mais pas encore le feu sacré

25 juin 2026

Par Louise Lepense

Illustration
“Avatar : le dernier maître de l'air”, le 25 juin 2026 sur Netflix. ©Netflix

Ce nouveau chapitre poursuit le voyage d’Aang, Katara et Sokka au Royaume de la terre. Plus politique, encore un peu sage, cette suite confirme les progrès du live action sans retrouver tout le souffle de l’anime culte.

Introduction

Avatar repose sur une idée assez simple, mais pourtant redoutablement efficace dans le fantastique : confier l’équilibre du monde à un enfant qui n’a pas encore eu le temps de grandir. La série animée diffusée dans les années 2000 en avait fait un récit d’apprentissage devenu culte ; son adaptation live action avance fidèlement sur cette même ligne de crête.

Après une première saison qui avait prouvé que Netflix gagnait progressivement en compétences sur ce terrain, Le dernier maître de l’air revient le 25 juin avec un deuxième volet de sept épisodes. Pas de grand bouleversement ni de saison capable d’effacer le souvenir de l’anime, mais une suite solide, sympathique et plutôt touchante.

Après l’eau, la terre

Le premier chapitre a initié la quête d’Aang, jeune Avatar disparu depuis 100 ans, réveillé par Katara et Sokka dans un monde ravagé par la guerre. Dernier survivant des Nomades de l’air, il doit accepter un rôle trop vaste pour lui : apprendre à maîtriser les éléments, rétablir l’équilibre et affronter la Nation du feu, lancée dans une entreprise de domination. Traqué par Zuko, prince exilé qui espère le capturer pour regagner l’honneur perdu auprès de son père, Aang découvre un monde d’occupation, de ruines et de deuil.

Avatar : le dernier maître de l’air, saison 1.©Netflix

Cette deuxième saison reprend la route là où le récit l’avait laissée. Aang, Katara et Sokka quittent le Nord pour traverser le Royaume de la terre, où le jeune Avatar doit trouver un maître capable de l’entraîner. Le risque narratif : refaire la même histoire en changeant simplement la couleur des décors et l’élément à dompter. Or, la série évite – en partie – ce piège : la structure reste familière, mais le voyage gagne en aspérités, en enjeux politiques et en frictions.

Avatar : le dernier maître de l’air, saison 2.©Netflix

Parmi les nouveautés : Toph Beifong, incarnée par Miya Cech (vue dans Le bout du monde). Personnage culte de l’anime, cette jeune maîtresse de la terre aveugle débarque avec ce qu’il fallait de rudesse pour secouer le trio. Froide, sèche, franchement crue, elle n’a d’abord aucune envie de jouer les maillons d’une belle chaîne d’amitié.

Grandir

Avatar croise fantastique, aventure et récit de guerre, mais c’est dans l’initiation qu’il trouve son vrai relief. Aang, joué par Gordon Cormier, n’est plus tout à fait l’enfant de la première saison, sans être encore l’Avatar accompli que le monde attend. Plus tiraillé qu’héroïque, il porte son fardeau, fléchit parfois, apprend que l’erreur n’est pas une faute définitive.

Avatar : le dernier maître de l’air, saison 2.©Netflix

Or, cette logique ne s’arrête pas au protagoniste. L’œuvre a l’intelligence de faire avancer ses personnages secondaires, et donc ne pas les réduire à leur fonction collective. Katara, interprétée par Kiawentiio, poursuit sa route auprès d’Aang : elle relie, soutient, comprend, sans n’être qu’un appui moral. Sokka, incarné par Ian Ousley, garde le ressort comique de la série, parfois un peu facile, mais gagne quelques zones plus sombres.

Avatar : le dernier maître de l’air, saison 2.©Netflix

Le parcours le plus fort reste toutefois celui de Zuko. La première saison le dessinait encore avec des contours assez francs – prince banni, fils humilié, adversaire obstiné… Ce deuxième volet lui donne enfin de l’épaisseur : Dallas Liu affine le personnage, sans trop vite le rendre aimable. Colérique, orgueilleux, travaillé par l’humiliation, il vacille plutôt et découvre ce qu’il est lorsqu’il n’a plus de nom, de titre, de mission ou le regard de son père pour définir sa valeur. Face à lui, Iroh, très bien incarné par Paul Sun-Hyung Lee, est l’un des plus beaux points d’équilibre de la série.

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Une beauté trop contrôlée

Sur le plan visuel, les épisodes maintiennent le niveau du début : les paysages ont de l’ampleur, les décors gagnent en variété, les scènes d’action se regardent avec plaisir. L’influence des arts asiatiques continue de donner à la série une tonalité à part, malgré son format très américain et son calibrage Netflix.

Avatar : le dernier maître de l’air, saison 2.©Netflix

Narrativement, le récit gagne en intérêt. La première partie reste dans une logique de quête et d’aventure assez attendue, mais la seconde prend une teinte plus politique, notamment autour de Ba Sing Se, capitale du Royaume de la terre, où manipulations, faux-semblants et rapports de pouvoir densifient l’intrigue.

Reste que ce second volet garde le goût du chapitre intermédiaire. Là où la première saison culminait avec la bataille de la tribu de l’Eau du Nord, celle-ci prépare surtout la suite, déjà validée par la plateforme. La saison n’en reste pas moins plaisante.

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