Produit par les créateurs de la série culte, The Boroughs débarque le 21 mai sur Netflix. Entre horreur et casting de stars septuagénaires, ce récit prouve avec brio que l’aventure n’a pas d’âge.
Introduction
Annoncée il y a deux ans, la production de The Boroughs, diffusée à partir du 21 mai sur Netflix, n’usurpe pas sa parenté avec la légendaire Stranger Things. Si les deux séries ne se déroulent pas dans le même univers, elles proviennent de la même société de production (Upside Down Pictures), dirigée par les frères Duffer, créateurs de… Stranger Things.
La plateforme n’a, elle-même, pas hésité à signaler que le projet était relativement similaire, à ceci près qu’en lieu et place d’une intrigue horrifique vécue par des enfants dans les années 1980, nous sommes ici dans une époque plus contemporaine et devant une intrigue qui se déroule dans une résidence pour personnes âgées.
Un casting de stars septuagénaires
La principale différence entre Stranger Things et The Boroughs tient donc en premier lieu à l’âge moyen de son casting, puisque la plupart des acteurs ont dépassé les 70 ans. En l’occurrence, le feuilleton n’hésite pas à sortir de (très) grands noms du cinéma américain : Geena Davis, Bill Pullman ou encore Denis O’Hare sont de la partie.
Nous suivons donc ici les aventures d’un ingénieur à la retraite ayant récemment perdu son épouse, Sam Cooper, incarné avec brio par Alfred Molina (Anna Karenine, Identity, Spider Man 2). En mauvaise santé et prisonnier d’un contrat d’assurance retraite souscrit par son épouse, il se retrouve contraint de vivre à The Boroughs, un village conçu pour accueillir les seniors, situé au beau milieu du désert du Nouveau-Mexique.

Bien entendu, cette communauté d’apparence tranquille et bienveillante, aux soins médicaux optimaux et proposant des activités quotidiennes de qualité aux pensionnaires, cache en fait de lourds secrets. Apparitions monstrueuses, disparitions inexpliquées, événements surnaturels : cette fois-ci, pas de gamins à vélo pour résoudre les mystères du lieu, mais les pensionnaires d’un Ehpad de luxe.
Du neuf avec des vieux ?
Disons-le avant toute chose : The Boroughs est une série conçue et pensée avant tout pour les fans de Stranger Things qui souhaiteraient un peu de rab après la fin de l’œuvre culte. Les mystères exposés y sont d’une nature relativement similaire, les scènes de tension horrifique vous sembleront assez familières, et la réalisation colle au cahier des charges de la saga des frères Duffer.

Cependant, la production ne se contente pas de troquer les séances de jeu de rôle contre des soirées télévisées de films rétro et les aventures à vélo contre des discussions sur le bon vieux temps. Si The Boroughs a une force, c’est celle de se placer dans un créneau encore ultra-rare : les séries à grand spectacle mettant en vedette des seniors.
Car, si quelques exemples assez brillants en la matière ont parsemé l’histoire de la télévision (Les craquantes, Grace & Frankie), ce genre de shows ne s’aventure quasiment jamais dans le domaine du surnaturel ou de l’horrifique comme a pu le faire le Cocoon de Ron Howard, sorti il y a déjà plus de 40 ans.

Or, depuis Cocoon, la vie des septuagénaires a profondément changé dans nos sociétés, ne serait-ce que par l’existence d’une immense « silver economy » regroupant l’ensemble des biens et services proposés spécifiquement aux personnes du troisième âge, à l’image du village où se déroule la série. Ensuite, parce que les septuagénaires de The Boroughs sont à l’image des jeunes retraités de notre temps : connectés, sportifs, sexuellement actifs et ayant, pour certains, encore beaucoup de temps devant eux pour vivre une seconde jeunesse.
D’anciennes recettes, mais de nouvelles thématiques
Si l’approche de la série n’est donc pas bien originale dans son aspect horrifique, on peut tout de même saluer la manière dont elle intègre pleinement, et de manière réussie, ces deux aspects paradoxaux du troisième âge. D’une part, les épisodes illustrent ce moment de la vie où tout peut basculer très vite : un personnage perd brutalement sa femme, un autre apprend qu’il est atteint d’un cancer incurable, un troisième bascule très rapidement dans un état de forte dépendance…

D’autre part, The Boroughs présente aussi un groupe de personnages avides de nouvelles sociabilités, débrouillards, plutôt en bonne forme physique et capables de mener l’enquête avec autant d’énergie que les gamins de Stranger Things. La série présente aussi la manière dont, finalement, les retraités de 2026 sont ceux qui étaient de jeunes actifs dans les années 1980 : ils possèdent donc les mêmes références de pop culture, de musique, voire de jeux vidéo, que les spectateurs du show.

Dans ses dialogues, ses scènes d’action et sa galerie de personnages hauts en couleur, The Boroughs dresse un portrait rare et plutôt juste de la dynamique d’un groupe de jeunes retraités. Sans nier leurs problèmes de rhumatismes, de personnel médical condescendant ou de nostalgie de leur jeunesse, la série en fait des acteurs de leur époque qui ne sont pas des sujets de moquerie, mais les moteurs de l’aventure. Ce faisant, cette production va donc un peu plus loin qu’un simple Stranger Things à destination d’un public âgé, mais s’adresse à une audience beaucoup plus large en prouvant qu’on peut tout à fait faire tenir debout une série horrifique à gros budget sur un casting de jeunes retraités fringants.
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