Critique

Pourquoi « Acharnés » saison 2 fait (malheureusement) une sortie de route

16 avril 2026

Par Catherine Rochon

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©Netflix

Trois ans après une première saison explosive, la série « Acharnés » revient dès ce 16 avril 2026 avec une formule anthologique ambitieuse sur Netflix. Nouveau cadre, nouveau casting, nouveau clash : cette saison 2 parvient-elle à retrouver le mordant qui avait fait son succès ?

Introduction

Lors de son lancement sur Netflix en 2023, Acharnés (Beef en VO) avait fait l’effet d’une petite bombe. A partir d’un simple incident de circulation entre deux inconnus à bout de nerfs, la série produite par la très hype A24 donnait à voir un irrésistible engrenage, où rage et lutte des classes s’entrechoquaient. Une satire dans laquelle le micro-impact initial faisait jaillir doigts d’honneur, noms d’oiseaux et frustrations larvées. 

Cette comédie noire aussi désopilante qu’incisive avait été plébiscitée par la critique, auréolée de trois Golden Globes (Meilleure mini-série, Meilleur acteur pour Steven Yeun, Meilleure actrice pour Ali Wong) et huit Emmy Awards (dont Meilleure réalisation et meilleur scénario pour Lee Sung Jin). Autant dire que sa deuxième saison, diffusée dès ce 16 avril sur Netflix, était particulièrement attendue. 

Un White Lotus bancal

La bonne idée de cette suite ? Refuser d’en faire une et privilégier le format de l’anthologie. Après une conclusion de saison 1 très satisfaisante, difficile en effet d’imaginer le retour du casting initial. Pour cette deuxième saison, le créateur Lee Sung Jin opère donc un virage ambitieux. Exit le duo antagoniste : place à un double face-à-face, celui de deux couples que tout oppose – les gérants d’un club de golf huppé, incarnés par Oscar Isaac et Carey Mulligan, confrontés à deux jeunes employés précaires interprétés par Charles Melton et Cailee Spaeny. 

Cadre luxueux, casting prestigieux et tensions prêtes à éclater : ce nouveau chapitre lorgne clairement du côté de l’excellente The White Lotus. Comme la série anthologique imaginée par Mike White, Acharnés saison 2 avait sans doute pour ambition de s’ancrer dans un décor privilégié pour mieux disséquer les rapports de classe, les frustrations intimes et les hypocrisies sociales. Mais là où The White Lotus parvient, depuis maintenant trois saisons, à renouveler sa satire acide des élites contemporaines, cette nouvelle mouture d’Acharnés peine à trouver la même acuité.

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Oscar Isaac et Carey Mulligan dans Acharnés saison 2

Finie l’explosion d’adrénaline : la série opte ici pour une combustion (très) lente et et multiplie les personnages, au lieu de concentrer son énergie sur son duel principal. Elle se disperse et s’englue dans des intrigues secondaires avant de glisser vers le grand-guignolesque sans jamais réactiver le rythme frénétique et le mordant – notamment politique – de la saison 1. Au milieu de ce grand foutoir narratif, le casting se débat, cabotine, mais ne parvient pas à égaler l’inoubliable joute Steven Yeun versus Ali Wong. Alors que le showrunner Lee Sung Jin avait laissé entendre qu’il imaginait une anthologie en trois saisons, réussira-t-il à se recentrer après cette sortie de route ?

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