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Happy Valley : faut-il voir ce polar réaliste sur Arte ?

04 juin 2026

Par Louise Lepense

Illustration
“Happy Valley” est rediffusée sur Arte à partir de ce 4 juin 2026. ©Canal+

La série de la BBC revient sur Arte avec ses trois saisons. Portée par Sarah Lancashire, elle a marqué la critique par son réalisme âpre, sa tension morale et son écriture psychologique.

Introduction

Rarement un polar britannique aura autant tenu à distance les facilités du genre. Rediffusée sur Arte à partir de ce 4 juin, Happy Valley est de retour avec sa première saison tandis que les trois volets sont disponibles sur arte.tv. Créée par Sally Wainwright, la série avait d’abord été diffusée sur la BBC, avec un premier chapitre sorti en 2014 et le dernier en 2023.

L’intrigue prend racine dans le Yorkshire, autour de Catherine Cawood, sergent de police. Divorcée et marquée par le suicide de sa fille, elle élève son petit-fils Ryan, né d’un viol commis par Tommy Lee Royce. Lorsque celui-ci sort de prison, le passé ressurgit avec violence. Tommy se retrouve mêlé à l’enlèvement de la fille d’un entrepreneur local.

Pourquoi la presse a-t-elle autant salué la série ?

Dès sa première diffusion, Happy Valley a été perçue comme bien plus qu’une fiction criminelle. En 2014, The Guardian saluait un drame « poignant, bouleversant et provocateur », porté par Sarah Lancashire dans ce que le quotidien qualifiait de « meilleure prestation à ce jour ». Le Monde, en 2018, lors de sa diffusion sur France 3, y voyait une« fiction du réel », sociale et psychologique, plus attentive aux conséquences des drames qu’aux mécaniques de l’enquête.

Happy Valley, saison 1.©Canal+

La force de la série tient à sa manière de faire respirer le récit. Télérama souligne à ce titre une « finesse narrative et une justesse des personnages rarissimes », en insistant sur son rapport au temps, aux silences et aux fausses pistes. Les Chroniques de Cliffhanger relèvent aussi une série qui « évite la redite même en s’attachant systématiquement au passé ».

Comment la série travaille-t-elle ses personnages ?

Catherine Cawood n’a rien d’une héroïne lisse. Policière tenace, grand-mère en colère, femme épuisée, elle porte une communauté entière sur ses épaules. Le Monde salue une Sarah Lancashire « époustouflante », tandis que Télé-Loisirs la juge « remarquable de justesse ». Face à elle, James Norton compose un Tommy Lee Royce brutal, manipulateur, presque démoniaque, mais jamais réduit à une simple fonction de méchant.

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Les nuances portent moins sur la qualité globale que sur certains choix de résolution. The Guardian estime que la conclusion de la première saison est « un peu affaiblie » par la nécessité apparente de laisser une suite possible. Télérama, de son côté, regrette des « trouvailles de mise en scène » moins nombreuses que les audaces d’écriture, ainsi qu’une sous-intrigue de saison 3 à la résolution « totalement bâclée ».

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