Lukas Dhont signe son retour au Festival de Cannes avec Coward, un film à l’esthétique intéressante mais qui ne révolutionne pas le propos du cinéaste à travers sa filmographie.
Introduction
La guerre, la création, l’amour… Voici les thèmes qui traversent le Festival de Cannes 2026. Ce jeudi 21 mai, c’était au tour du Belge Lukas Dhont de s’emparer de ces sujets à travers la rencontre de deux hommes durant la Première Guerre mondiale, alors qu’ils montent une troupe et sillonnent les tranchées pour réconforter les soldats. Théâtre de leur amour, le front français va alors sceller leur histoire d’amour, secrète.
Après son Grand Prix pour Close en 2022, Lukas Dhont revient en compétition officielle avec un drame intime et politique. En filmant les dynamiques masculines sur fond de film historique, le réalisateur s’inscrit dans la continuité de sa filmographie montrant les tourments de la masculinité et de l’homosexualité, tout en apportant un second souffle à son œuvre.
Un souffle esthétique…
Car Coward, sur le plan esthétique et technique, parvient à nous embarquer dans des scènes de liesse masculine durant lesquelles les soldats scandent à tue-tête des chants guerriers. Au plus près de ses personnages, Lukas Dhont réussit le pari d’un film immersif sur le front, mais aussi dans les lignes les plus reculées. Long-métrage historique, Coward montre ainsi les affres de la Première Guerre mondiale, la prise en charge des morts et la convalescence des blessés, tout en suivant l’histoire d’amour de Pierre (Emmanuel Macchia) et de Francis (Valentin Campagne).
… qui tombe à plat
Toutefois, c’est lorsqu’il bascule dans leur intimité que le film perd de sa puissance. Si certaines scènes – notamment la séquence du « frou-frou » – parviennent à nous sortir d’un certain ennui, la caméra de Lukas Dhont ne raconte rien et ne parvient pas à développer un propos convaincant ou surprenant. L’histoire d’amour illusoire de Pierre et Francis, bien que sensible, n’est jamais passionnante. La faute à une caméra plantée sur ses personnages, molle, qui multiplie sans arrêt les mêmes plans et ne sert finalement jamais vraiment l’émotion ou le récit.
Avec redondance, Lukas Dhont offre un film parfois virtuose, souvent plat. Le réalisateur belge ne révolutionne pas son propos, malgré un esthétisme plus poussé. Le long-métrage interroge toutefois la notion de lâcheté à travers la trajectoire de Pierre, entre lassitude du front et assurance d’un avenir aux côtés de celui qu’il aime. Mais, encore une fois, en posant cette question, le réalisateur ne va pas dans la profondeur ou l’innovation, se contentant d’offrir un film efficace, parfois beau, mais trop lâche pour la compétition.