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De The Dark Knight à L’Odyssée : pourquoi Christopher Nolan ne peut plus se passer de l’IMAX

15 juillet 2026

Par Louise Lepense

Illustration
“L'Odyssée”, le 15 juillet au cinéma. ©Universal Studios

Le réalisateur britannico-américain franchit une nouvelle étape dans son exploration du grand format. Une évolution technique autant qu’esthétique, qui éclaire près de 20 ans de cinéma.

Introduction

Christopher Nolan n’a jamais considéré l’IMAX comme un simple argument de vente. Depuis près de 20 ans, le cinéaste en fait un langage : une manière d’agrandir les décors, de rapprocher les visages et de donner aux images une présence physique. Avec L’Odyssée, en salles en France le 15 juillet, il pousse cette quête à son terme. Son adaptation d’Homère est le premier long-métrage intégralement tourné avec des caméras IMAX argentiques.

La bande-annonce de L’Odyssée.

Pourquoi L’Odyssée marque-t-il un tournant ?

Pour rappel, ce format repose sur une pellicule beaucoup plus large que le 35mm traditionnel, capable de produire une image plus détaillée, plus haute et pensée pour des écrans monumentaux. « En tournant en IMAX 70mm, on fait véritablement disparaître l’écran. On obtient une sensation de 3D sans lunettes », explique le réalisateur à l’Associated Press.

Anna Hathaway dans L’Odyssée.©Universal Studios

Le film suit Ulysse, incarné par Matt Damon, dans son long retour vers Ithaque après la guerre de Troie. Anne Hathaway, Tom Holland, Zendaya, Robert Pattinson et Charlize Theron complètent la distribution. La démesure du récit appelait naturellement le grand format, mais Nolan souhaitait aussi l’employer pour les dialogues et les scènes plus intimes.

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Jusqu’alors, les caméras IMAX s’y prêtaient difficilement : le défilement rapide de leur imposante pellicule dans un mécanisme complexe produit un vacarme susceptible de couvrir la voix des comédiens. Il fallait donc souvent changer de matériel pour enregistrer les échanges. Une nouvelle génération d’appareils, plus silencieuse, a permis à Nolan de conserver la même texture et la même ampleur visuelle, du premier au dernier plan.

Comment The Dark Knight a-t-il changé la donne ?

Le déclic remonte à The Dark Knight, en 2008. Nolan tourne notamment le braquage d’ouverture en IMAX, format alors surtout associé aux documentaires. Gotham gagne soudain en hauteur, en densité, en réalité.

The Dark Knight.©Warner Bros.

The Dark Knight Rises a ensuite étendu le dispositif aux séquences aériennes et aux foules. Interstellar a donné une mesure au vide cosmique. Dunkerque a enfermé le public dans un cockpit ou au ras de l’eau. Et Tenet en a fait l’écrin d’une mécanique temporelle, dont chaque mouvement doit rester lisible.

Pourquoi Oppenheimer a-t-il été décisif ?

Oppenheimer, enfin, a prouvé en 2023 que l’IMAX n’était pas condamné au spectaculaire. Nolan et son directeur de la photographie Hoyte van Hoytema ont filmé les visages avec la même ambition que l’explosion Trinity. Un objectif de 40mm a même été modifié afin d’approcher les acteurs sans déformer leurs traits.

Oppenheimer.©Universal

« Nous étions obsédés par l’idée de créer un langage dans lequel nous participions à la scène, plutôt que de simplement l’observer », expliquait Van Hoytema à la Motion Picture Association, dans un entretien publié en août 2023.

Cette fidélité relève enfin d’une certaine conception du cinéma : Nolan tourne sur pellicule, privilégie les effets physiques et supervise les formats de projection. Toutes les séances IMAX ne restituent pas le ratio intégral de 1,43:1, réservé à quelques écrans adaptés. Mais L’Odyssée prolonge cette même conviction : la salle doit encore offrir une échelle, une texture et une sensation impossibles à reproduire chez soi.

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