Plus de 30 ans après ses premières visions cyberpunk, la saga imaginée par Masamune Shirow s’apprête à changer de corps. Science SARU reprend Motoko Kusanagi et la Section 9 pour une relecture pensée comme un retour aux sources.
Introduction
Œuvre cardinale de la science-fiction japonaise, Ghost in the Shell va connaître une nouvelle vie animée sérielle. Produite par Science SARU, cette nouvelle adaptation du manga de Masamune Shirow arrivera en France le 7 juillet sur Prime Video, dans un format encore tenu secret.
D’où vient Ghost in the Shell ?
Avant de devenir un classique de l’animation, le récit est tiré du manga de Shirow, qui débute en 1989 dans un supplément de Young Magazine. L’auteur, déjà remarqué pour Appleseed et Dominion, imagine un Japon futuriste traversé par les cyborgs, les implants, la guerre informatique.
Le récit suit la Section 9, unité d’intervention placée au cœur des affaires les plus sensibles. À sa tête, Motoko Kusanagi, agente au corps entièrement artificiel, enquête dans un monde où la frontière entre conscience humaine et machine devient instable.
Pourquoi cette œuvre a-t-elle autant marqué l’anime ?
La postérité de Ghost in the Shell tient beaucoup au film de Mamoru Oshii, sorti en 1995 et produit par Production I.G. Froid et méditatif, il transforme l’enquête cyberpunk en vertige philosophique sur l’identité, la mémoire et la disparition du corps.
La franchise s’est ensuite ramifiée. Oshii a prolongé son approche avec Ghost in the Shell 2 : Innocence en 2004. La télévision a développé une autre continuité avec Stand Alone Complex, plus policière et politique. Puis est venue The New Movie, la série en images de synthèse sur Netflix, et enfin un film américain en prises de vues réelles porté par Scarlett Johansson en 2017.

Que promet ce nouveau remake ?
Le mot « remake » mérite ici d’être nuancé car la série n’est pas présentée comme une simple nouvelle version du film de 1995. Il s’agit plutôt d’une nouvelle adaptation du manga, portant la volonté de se rapprocher du matériel original. Une orientation qui se voit dans le choix du studio : Science SARU, maison japonaise remarquée pour Keep Your Hands Off Eizouken!,Inu-Oh et Dan Da Dan.

SARU semble vouloir retrouver une animation plus nerveuse, graphique et physique. Les premières images laissent entrevoir un trait plus proche de l’énergie du livre, avec une Motoko moins figée dans l’icône et davantage replacée dans une équipe.