Il y a dix ans, Bleach s’est achevé en laissant un goût amer à ses lecteurs. Huit ans plus tard, l’adaptation animée s’apprête à boucler la boucle avec sa partie 4, samedi 25 juillet sur Disney+. Et, cette fois, la fin pourrait être à la hauteur du mythe.
Introduction
Il y a des fins de mangas qui divisent… et puis, il y a les autres. Celles qui déçoivent franchement. C’est une affaire de goûts et de couleurs, mais Bleach est probablement de cette dernière catégorie, précipitée, quelque peu bâclée par certains aspects et oubliant certains personnages centraux. Le dernier arc du manga n’était pas à la hauteur des attentes placées dans ce membre des « Big Three » – le trio One Piece, Naruto et Bleach – qui faisait les beaux jours de la bande dessinée japonaise dans les années 2000.
Et il faut le reconnaître : mettre fin à 15 années de publication n’est pas tâche aisée. Il est quasiment impossible de tirer sa révérence en contentant un public tenu en haleine si longtemps. Mais, bonne nouvelle : si le manga papier n’avait pas réussi cette prouesse, la récente adaptation animée de sa fin a de quoi satisfaire les fans de la première heure comme les nouveaux venus.
Une animation au niveau
Disons-le d’emblée : l’anime du dernier arc Thousand-Year Blood War est une belle surprise pour les aficionados d’Ichigo, qui n’en attendaient pas tant. Le 25 juillet, sa quatrième et dernière partie, The Calamity, sera synonyme de fin pour l’un de plus beaux retournements de l’industrie du manga.
Lancée seulement en 2022, elle a pris le temps de développer la guerre entre les Quincy et les Shinigami en quatre saisons. Et si « longueur » est souvent synonyme « d’élargissement ennuyeux de l’histoire » dans le monde merveilleux de l’animation japonaise, cette fois… il n’en est rien. Ces quatre saisons permettent de donner leur juste ampleur à des combats épiques qui avaient parfois un peu déçu sur papier.

Le character design, l’une des grandes qualités de Bleach, reste d’une fidélité totale aux planches de Kubo, mais l’animation y ajoute une fluidité et un sens du cadrage que le format papier ne permettait pas. La qualité n’a tout simplement rien à voir avec l’adaptation des premières saisons. Les décors ont gagné en profondeur, les effets de zanpakutô en texture, et la mise en scène est soignée.
Mais, surtout, le ton a changé de registre. Là où le manga alternait drame et gags potaches, l’anime a fait le choix inverse : évacuer la quasi-totalité du comique de situation pour ne garder que la gravité d’une histoire qui touche à sa fin. Un pari qui aurait pu desservir l’œuvre, mais qui a du sens au vu de la gravité des enjeux de la bataille finale. De quoi se réconcilier avec Bleach.
Une histoire plus élaborée
Sans trop en révéler, on peut dire que certaines questions obtiennent enfin des réponses. Ce que le manga n’avait pas eu le loisir de développer, l’anime se le permet sous la supervision directe de l’auteur Tite Kubo lui-même. Les exemples concrets ne manquent pas. L’affrontement entre le Squad Zero et de Yhwach est en partie réécrit à l’écran pour restaurer enfin le prestige d’un escadron que les lecteurs jugeaient trop vite terrassé.

Autre ajout marquant : des flashbacks inédits sur la guerre originelle entre Quincy et Shinigami, mille ans plus tôt, avec l’apparition de capitaines jamais vus, dessinés spécialement pour l’anime par Kubo. Le résultat n’est donc pas une simple mise en images du manga : c’est une reconstruction qui comble les trous et redonne de la cohérence à un final que beaucoup jugeaient bancal sur le papier. C’est peut-être là que se joue la vraie revanche de Bleach : non pas dans le texte d’origine, mais dans sa réinterprétation à l’écran.
One Piece devrait avoir droit à un traitement similaire avec son nouvel anime qui sortira sur Netflix à partir de février 2027, avec une version plus palpitante et qui viendra compléter quelques erreurs de la version papier. On aimerait presque qu’il en soi de même pour Bleach et qu’il soit un jour repris pour retraverser l’intégralité de la saga, des débuts à Karakura jusqu’à la chute de Yhwach, avec le même soin. Bleach mérite peut-être mieux qu’un simple point final au niveau : il mérite d’être raconté une seconde fois.