Vingt ans après la création de Fairy Tail, Hiro Mashima continue de marquer des générations de lecteurs. À l’occasion de sa venue à la Fnac des Ternes pour une dédicace, le mangaka légendaire s’est confié à notre micro. Entre secrets de longévité, éthique de travail absolue et inspirations, rencontre avec un artiste hors norme.
Fairy Tail a été créé il y a maintenant 20 ans et a profondément marqué plusieurs générations de lecteurs. Vous attendiez-vous à un tel triomphe en France et dans le monde ?
Non, je n’imaginais absolument pas un tel parcours. J’ai été le premier surpris par cet immense succès.
Neuf ans après la conclusion de la série principale, les fans attendent avec impatience l’histoire courte qui paraîtra au mois d’août. Pouvez-vous nous confier quelques secrets à son sujet ? Reverra-t-on l’intégralité de la Guilde ?
La guilde de Fairy Tail sera évidemment au cœur de l’intrigue ! Mais le récit sera centré sur un personnage précis : Luxus Draer.
Vos séries véhiculent de magnifiques valeurs universelles, comme l’amitié, la solidarité et le dépassement constant de soi. Était-ce fondamental, pour vous, de transmettre ces messages ?
Absolument. Pour moi, l’amitié ou les liens profonds qui unissent les êtres sont essentiels dans une vie. C’est précisément ce que je tenais à transmettre et à partager avec mes lecteurs.
On dit souvent que vous êtes un bourreau de travail : les rumeurs évoquent un rythme de 17 heures par jour, six jours sur sept. Comment parvenez-vous à tenir une telle cadence ?
Je dois d’abord rectifier un petit détail : je ne travaille pas six jours, mais sept jours sur sept ! C’est la passion pour le manga qui me pousse à autant bosser. En réalité, dessiner est une activité qui me procure un plaisir immense, tant dans mon cadre professionnel que dans ma vie privée. Ce n’est donc absolument pas une souffrance pour moi.
Finalement, vous ne travaillez pas par obligation, mais pour faire vivre votre passion…
J’ai toujours gribouillé quand j’étais enfant. Mon travail n’est que la continuité de cette passion. Je ne me suis jamais arrêté !
Vous travaillez sans relâche sur vos mangas et, en parallèle, vous parvenez à terminer à 100 % des jeux vidéo qui demandent parfois plus de 100 heures de jeu. Quel est votre secret absolu pour gérer votre temps ?
C’est une question que l’on me pose très souvent, même au Japon ! Ma réponse est toujours la même : j’accomplis aujourd’hui le travail qui était initialement prévu pour demain. En prenant cette avance systématique sur son calendrier, on dégage finalement beaucoup plus de temps libre qu’on ne le croit dans son quotidien.
Quels sont les jeux, les films ou les œuvres musicales qui ont nourri votre inspiration pour bâtir l’univers de Fairy Tail, sans que personne ne le sache ?
L’inspiration vidéoludique majeure est incontestablement Monster Hunter. Côté cinéma, je pense immédiatement au Seigneur des anneaux. Enfin, sur le plan musical, j’ai été énormément marqué par les bandes-son de la saga Final Fantasy.
Justement, quelle place occupe la musique dans votre quotidien de mangaka ? Avez-vous besoin de silence pour préserver votre concentration ?
C’est très différent selon la phase de création. Pour concevoir la structure narrative et le script, j’ai besoin de calme et de réflexion. En revanche, pour la phase de dessin, j’écoute énormément de musique. J’adore les bandes-son de jeux vidéo, mais, depuis que l’adaptation animée de Fairy Tail existe, c’est sa propre bande originale que j’écoute en boucle en travaillant.
Il est l’heure de briser le cœur de vos fans : avez-vous un personnage préféré dans la Guilde de Fairy Tail ?
J’aime beaucoup Happy. J’adore ce personnage : il est mignon, attachant et, surtout, il est très facile à dessiner ! Je pense que ce choix ne vexera aucun de mes lecteurs. [Rires]
Vous menez actuellement deux séries de front. Parvenez-vous, malgré tout, à vous projeter vers l’avenir et à imaginer de nouveaux projets ?
Je ne peux malheureusement pas en parler en détail aujourd’hui, mais je suis effectivement en train de travailler sur une toute nouvelle œuvre.
Une adaptation en anime de votre série Dead Rock est-elle envisagée ?
Je ne peux rien dire pour le moment. [Rires]
Une grande exposition vous est actuellement consacrée à Amiens. Comment avez-vous perçu l’accueil du public français ?
J’ai été véritablement impressionné par la qualité de cette exposition. C’est extraordinaire. De plus, l’accueil de l’équipe du festival d’Amiens a été extrêmement chaleureux. Je les remercie infiniment.
Au-delà de l’indétrônable Dragon Ball que vous citez régulièrement, y a-t-il une œuvre que vous aimeriez faire découvrir aux lecteurs français ?
Si je devais conseiller une œuvre moins citée que Dragon Brall, ce serait Ippo. C’est un manga de boxe exceptionnel, et je pense qu’il possède la force nécessaire pour plaire au public du monde entier.