Actu

Faut-il apprendre à lire dès la maternelle ? Céline Alvarez relance le débat

24 août 2026

Par Louise Lepense

Illustration
“Pourquoi il faut apprendre à lire en maternelle”, le 25 août en librairie. ©Les Arènes

Alors que l’apprentissage systématique du décodage reste associé au CP, Céline Alvarez propose d’ouvrir beaucoup plus tôt la porte de la lecture. Dans son nouveau livre, la pédagogue et autrice française défend une initiation dès la maternelle.

Introduction

Dix ans après Les lois naturelles de l’enfant, Céline Alvarez revient avec une nouvelle proposition : faire entrer les enfants dans la lecture dès la maternelle. Dans Pourquoi il faut apprendre à lire en maternelle, publié le 27 août aux éditions Les Arènes, l’autrice et pédagogue défend l’idée que les plus jeunes disposent très tôt des capacités nécessaires pour comprendre le fonctionnement de l’écrit et commencer à décoder leurs premiers mots.

Pourquoi commencer plus tôt ?

La question intervient dans un contexte où les difficultés de lecture restent importantes. À la rentrée 2025, seuls 67,5 % des élèves entrant en CE1 atteignaient le niveau jugé satisfaisant pour lire un texte à voix haute. En début de sixième, ils n’étaient plus que 61,1 % à atteindre l’objectif de 120 mots correctement lus en une minute. Les écarts sont également marqués selon l’origine sociale : une étude de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), menée auprès de 5,3 millions d’élèves, montre que les performances restent plus faibles dans les établissements les plus défavorisés.

À lire aussi

La maternelle prépare déjà pourtant cet apprentissage. Depuis la rentrée 2025, son programme met l’accent sur le vocabulaire, la conscience phonologique et le principe alphabétique : les enfants apprennent à identifier les sons et à comprendre leur correspondance avec les lettres. Mais Céline Alvarez propose d’aller un cran plus loin : ne plus réserver le véritable décodage au CP, mais permettre aux enfants de commencer à lire dès qu’ils en montrent les capacités.

Ce que défend Céline Alvarez

Cette conviction s’appuie notamment sur l’expérience qu’elle a menée entre 2011 et 2014 dans une école maternelle de Gennevilliers, en éducation prioritaire. Elle y avait profondément réorganisé les apprentissages, en favorisant l’autonomie, la manipulation et une approche très progressive de la lecture. Elle faisait alors état de résultats particulièrement élevés, avec notamment 90 % des enfants de moyenne section devenus lecteurs.

Depuis, plusieurs travaux sont venus renforcer l’idée que les mécanismes de la lecture se construisent très tôt. Une étude française publiée en 2026 dans Cognition, portant sur plus de 810 000 élèves de CP, montre par exemple que la maîtrise du principe alphabétique constitue l’un des principaux prédicteurs de la fluence en lecture un an plus tard.

À partir de 20€

Voir sur Fnac.com

Pour Céline Alvarez, avancer l’entrée dans la lecture permettrait surtout de laisser davantage de temps aux enfants pour apprendre. Elle y voit également un moyen de réduire les écarts entre ceux qui sont fortement exposés aux livres dans leur environnement familial et ceux qui le sont moins.

À lire aussi

Article rédigé par
Pour aller plus loin