Après le raz-de-marée du dernier album, Charli XCX réussit-elle son virage rock ? La presse salue un disque sombre, intime et audacieux.
Introduction
Deux ans après le phénomène Brat, Charli XCX ouvre un nouveau chapitre de sa carrière avec Music, Fashion, Film, son neuvième album studio, attendu ce 24 juillet. Conçu à Paris avec ses collaborateurs de longue date A. G. Cook et Finn Keane, le disque réunit 11 titres en à peine plus de 30 minutes. Un format resserré pour un projet présenté comme une nouvelle rupture dans la trajectoire de la musicienne britannique.
Qu’est-ce qui se cache derrière ce projet ?
Son titre annonce clairement son ambition : Charli XCX entend faire dialoguer les trois industries qui occupent désormais une place centrale dans son parcours. Cette triple orientation est incarnée jusque sur la pochette, qui rassemble John Cale, Marc Jacobs et Martin Scorsese.
Musicalement, la chanteuse semble vouloir tourner la page de l’euphorie club de Brat. Les premiers morceaux dévoilés privilégient des guitares, des voix distordues et une production plus abrasive. Derrière ce virage rock se dessine surtout un disque consacré à la célébrité, à la mise en scène de soi et aux contradictions d’une artiste devenue simultanément pop star, égérie de mode et actrice.
Qu’en pensent les médias ?
Les premiers retours saluent moins un changement radical qu’une nouvelle façon de prolonger les obsessions de l’artiste. Pour The Guardian, l’album est « d’une finesse et d’une profondeur désarmantes ». Le quotidien britannique estime que la chanteuse et ses producteurs « réinventent la musique pour guitare à une échelle intimiste et compacte, mais avec un pouvoir d’accroche démesuré ».
Même constat dans L’Echo, qui décrit un disque« plus rock, sombre et introspectif » sans en faire un anti-Brat. Le journal belge y voit au contraire une œuvre qui pousse « encore plus loin le concept de liberté ».
À partir de 29,99€
En stock
Acheter sur Fnac.com
Pitchfork perçoit également l’album comme un jeu de miroirs autour de la célébrité. Le média retient notamment la manière dont Charli transforme chaque imperfection en parti pris : « chaque défaut ou raté facilement identifiable est parfaitement mis en avant et manifestement orchestré pour l’effet ».
Quels morceaux se détachent ?
Plusieurs titres concentrent les éloges. L’Echo présente Camera comme « l’une des pépites » et distingue également le morceau pop Card Declined. The Guardian qualifie I’m Afraid et Camera de « deux œuvres d’une brillance saisissante » tandis que Pitchfork retient « l’impertinent Yeah » et « le sublime et nonchalant SS26 ».
Quelques réserves portent sur la brièveté et la désinvolture revendiquée de certaines compositions. Pitchfork estime que le disque « frôle la limite où le minimum ne suffit plus », même si sa richesse sonore compense parfois la pauvreté apparente des textes. L’Echo pointe une déception plus précise avec 2007, jugé « très vite oubliable ».