Quelques jours après la sortie de son huitième album « Petal », Ariana Grande a annoncé qu’elle ferait une pause à l’issue de sa tournée mondiale. Une décision qui intervient alors que la chanteuse fait l’objet de nombreuses spéculations sur son état de santé, relancées par son dernier clip, au point d’éclipser en partie son nouveau projet musical.
Introduction
L’annonce ce dimanche 2 août a surpris les fans. Après plusieurs semaines marquées par une vague de commentaires sur son apparence physique, Ariana Grande a décidé de se retirer temporairement de la vie publique à l’issue de sa tournée Eternal Sunshine Tour, qui se terminera le 1er septembre prochain à l’O2 Arena de Londres. Une décision motivée par l’intense attention médiatique portée à son physique et à sa santé, qui s’est encore amplifiée après la sortie du clip de Petal, le morceau éponyme de son huitième album, sorti ce 31 juillet 2026.
Pourtant, ce nouvel opus devait marquer un nouveau chapitre artistique pour la chanteuse. Plus introspectif et plus expérimental que ses précédents albums, le disque est présenté par Ariana Grande elle-même comme son projet le plus « feral » (« sauvage »), nourri par la colère, le rejet et le besoin de se libérer des regards extérieurs.
Un album salué pour sa prise de risque…
Les critiques musicales s’accordent sur un point : Petal tranche avec la pop lumineuse d’Eternal Sunshine. Le Guardian évoque un disque plus sombre, traversé par une colère froide dirigée aussi bien contre ses ex que contre les médias et les fans les plus intrusifs. Le média britannique salue un virage artistique audacieux, même s’il regrette un album parfois trop contenu émotionnellement.
L’Associated Press souligne également cette évolution. Ariana Grande y privilégie des interprétations plus retenues, des harmonies aériennes et une production minimaliste, abandonnant les démonstrations vocales qui ont fait sa réputation. Si certains morceaux sont salués pour leur finesse, la critique estime que cette retenue finit parfois par limiter l’impact émotionnel de l’ensemble.
La bible musicale Pitchfork parle, de son côté, d’un album très personnel où la chanteuse explore son rapport compliqué à la célébrité, aux critiques et à sa propre vulnérabilité. Le média estime toutefois que Petal peine parfois à aller au bout de son ambition et reste trop prudent dans ses expérimentations.
D’autres critiques, comme Variety, saluent en revanche l’apparition d’une « Angry Ari » plus directe, plus mordante et moins soucieuse de plaire que par le passé.
…mais un clip qui fait dérailler la conversation
Mais si l’album a suscité des analyses musicales nuancées, c’est surtout le clip de Petal qui a monopolisé l’attention.
Réalisé par Christian Breslauer, ce court-métrage de près de sept minutes met en scène Ariana Grande dans la peau d’une jeune actrice auditionnant devant un jury exclusivement masculin qui la juge « pas assez authentique », « désespérée » ou encore « pas assez belle ». À chaque humiliation, une fleur se fane un peu plus, jusqu’à ce que la chanteuse reprenne symboliquement le contrôle dans une séquence finale volontairement sanglante, armée d’une tronçonneuse. Une métaphore assumée de la violence des jugements auxquels elle est confrontée depuis des années.
Mais ce n’est pas tant la dimension artistique du clip qui a fait parler que l’apparence de la popstar de 33 ans. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes se sont inquiétés de sa silhouette ultra-émaciée et ses côtes saillantes, certains évoquant un état de santé préoccupant. D’autres, au contraire, ont dénoncé une nouvelle intrusion dans sa vie privée et rappelé qu’il était impossible de tirer des conclusions sur la santé d’une personne à partir de son apparence.
Cette vague de commentaires a largement éclipsé les discussions sur la musique. Alors que Petal marque l’une des évolutions artistiques les plus importantes de sa carrière, une grande partie des conversations s’est concentrée sur son physique plutôt que sur les thèmes de l’album ou sa production.
Une décision de faire une pause
Dans ce contexte, l’annonce d’une pause après sa tournée apparaît comme l’aboutissement de plusieurs mois de pression. Selon son entourage, Ariana Grande souhaiterait prendre du recul afin de préserver son bien-être après une période où les débats sur son apparence auraient fini par prendre le pas sur son travail artistique.
« Elle a hâte de terminer sa tournée et de la conclure en beauté, en bonne santé et dans la joie, puis de prendre un repos bien mérité loin de son travail et de ses apparitions publiques, qui l’ont exposée à une attention médiatique incessante et permanente », a ainsi confié le représentant d’Ariana Grande à People.
Ariana Grande devait retrouver son partenaire de la saga Wicked, Jonathan Bailey, dans la nouvelle production de la comédie musicale Sunday in the Park with George, de Stephen Sondheim, programmée à l’été 2027 au Barbican Theatre de Londres. Mais la chanteuse a finalement renoncé au projet. Dans un communiqué publié sur le réseau social X, les producteurs ont confirmé son retrait sans en préciser les raisons, tout en affirmant comprendre pleinement sa décision.
« Nous savons que cette décision n’a certainement pas été facile à prendre, et elle l’a prise avec toute notre compréhension et notre soutien », ont-ils déclaré, précisant que le spectacle serait maintenu avec une nouvelle distibution.
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Si les performances commerciales de Petal sont encore trop récentes pour conclure à un échec, une chose semble déjà acquise : la conversation autour de l’album s’est largement déplacée de la musique vers le physique de son interprète, illustrant une nouvelle fois la difficulté pour certaines artistes (notamment féminines) de voir leur travail jugé indépendamment de leur apparence.
Ariana Grande avait déjà, à plusieurs reprises, demandé au public de cesser de commenter son corps, rappelant que son apparence passée, souvent qualifiée de « plus saine », correspondait en réalité à une période difficile de sa vie, marquée notamment par la prise d’antidépresseurs, une consommation d’alcool et une mauvaise alimentation.