Depuis 2015, Steve Lacy apporte du sang neuf au R’n’B. Chanteur, compositeur, producteur et guitariste californien, il est l’auteur de quatre albums et a collaboré avec des pointures comme Tyler, The Creator, Kali Uchis ou encore Kendrick Lamar. À l’occasion de la sortie de son disque « Oh Yeah? » ce 7 août 2026, retour sur un parcours aussi riche que protéiforme.
Introduction
On l’a souvent entendu sans le savoir, aux côtés de Kendrick Lamar, J. Cole ou Tyler, The Creator. Mais avant de prêter sa guitare aux plus grands, Steve Lacy a d’abord grandi au son du jazz – une influence fondatrice, à contre-courant de son environnement.
L’homme de l’ombre du R’n’B
Steve Lacy naît en 1998 dans le quartier de Compton, à Los Angeles, berceau d’une multitude d’artistes R’n’B et rap, comme Dr Dre, Eazy-E, Kendrick Lamar ou encore The Game. C’est sa mère qui l’encourage à apprendre la guitare, en lui offrant son premier instrument et ses premiers cours.
Il débute par le jazz, avant de se faire connaître sur Internet dès 2014. L’année suivante, il rejoint le groupe The Internet et signe ses premiers enregistrements. Leur disque Ego Death (2025) sera d’ailleurs nommé aux Grammy Awards dans la catégorie « Meilleur album de musiques urbaines ».
S’il enregistre des albums solo, c’est surtout par ses collaborations que son nom devient connu – et reconnu. Il joue sur Foldin Clothes de J. Cole, Pride de Kendrick Lamar, 911/Mr Lonely de Tyler, The Creator, Sunflower de Vampire Weekend, ainsi qu’avec Mac Miller et Kali Uchis, entre autres.
Aussi prolifique qu’éclectique, l’Américain de 28 ans s’est bâti une solide réputation de producteur, compositeur et musicien. Il revient ce 7 août 2026 avec un nouvel album, Oh Yeah?, qui confirme qu’il refuse de se reposer sur le succès de Gemini Rights.
Du jazz à la jungle
En dix titres, Oh Yeah? confirme le goût prononcé de l’artiste pour la liberté et la créativité sans frontières. Entre R’n’B, rock psyché et pop alternative, il livre un album à l’atmosphère vaporeuse, porté par des guitares élégantes et une production toujours aussi raffinée. Le meilleur exemple est sûrement The Feeling, une chanson pop pour un public large.
Même lorsqu’il demande à Erykah Badu d’être là, c’est pour une couleur musicale inattendue et hybride. Ainsi, la star du R’n’B s’avère méconnaissable sur pure colour. Cecile Believe, quant à elle, occupe un rôle plus conforme : la jeune chanteuse canadienne est à son aise dans lovesexdrugbomb, morceau electropop dans son style habituel.
Oh Yeah? fait la part belle à la guitare, souvent acoustique. Cet album mélancolique, ancré dans la pop des années 1970, propose un voyage au cœur d’univers variés, porté par des idées et des ambiances qui fusent sur chaque plage.
Et que dire de l’utilisation de la jungle sur le morceau nice shoes / in your world ? Cette tendance de la musique électronique venue d’Angleterre, popularisée dans les années 1990 par Goldie, Roni Size ou Photek, surprend complètement sur ce titre, qui en reprend la rythmique et un peu le style vocal, tout en y intégrant des samples et des mélodies planantes. Peut-être la plus belle réussite de ce disque.