Netflix revisite les origines des États-Unis à travers leurs paradoxes fondateurs. Une plongée historique et politique dans une démocratie pensée comme une promesse, mais traversée dès sa naissance par ses propres contradictions.
Introduction
À l’approche du 250e anniversaire de l’indépendance américaine, The American Experiment revient sur la naissance politique des États-Unis. Disponible sur Netflix le 24 juin, cette série documentaire en cinq épisodes interroge moins le passé qu’une question bien actuelle : un peuple peut-il réellement se gouverner lui-même ?
Que reste-t-il de la promesse américaine ?
« La vie, la liberté et la recherche du bonheur » : la formule a traversé l’histoire. Le nouveau programme de la plateforme revient au moment où cette idée prend forme dans la rupture avec la Couronne britannique, la guerre d’indépendance, la rédaction de la Constitution et les débuts de la présidence de George Washington. Elle est réalisée par Brian Knappenberger, déjà derrière Turning Point.

Les États-Unis naissent d’une ambition politique : celle d’un gouvernement fondé sur le consentement des gouvernés. Une promesse pourtant construite dans une société marquée par l’esclavage, l’exclusion des femmes et la dépossession des peuples autochtones.
Que raconte concrètement la série ?
La série aborde les grands moments de la fondation du pays. La Révolution y apparaît comme une contestation du pouvoir britannique, mais aussi comme une réflexion sur la représentation politique. La Constitution devient le texte chargé d’organiser l’équilibre des pouvoirs. L’esclavage, les minorités, la liberté individuelle, les autochtones permettent, eux, de mesurer les écarts entre les principes proclamés et la réalité historique.
Les épisodes mêlent archives, reconstitutions, analyses, regards de juristes, paroles de responsables politiques et témoignages. Martin Sheen (Apocalypse Now) y prête notamment ses traits à George Washington dans les scènes rejouées. Parmi les intervenants, on retrouve Hillary Clinton, Mike Pence, Kamala Harris, Al Gore, Ted Cruz, Rand Paul, Nancy Pelosi ou encore l’ancien juge de la Cour suprême Stephen Breyer.
Pourquoi ce passé parle-t-il autant du présent ?
Le 4 juillet 2026, les États-Unis fêteront le 250e anniversaire de leur démocratie dans un climat de forte polarisation politique, où la confiance dans les institutions, la représentation des minorités, les pouvoirs présidentiels et les libertés sont au cœur des tensions.

Le documentaire regarde ainsi la fondation américaine non comme un monument, mais comme un débat toujours ouvert : « L’Amérique a toujours été ce travail en cours plutôt qu’une histoire établie », traduit Lara Hall, conservatrice de la LBJ Presidential Library, citée dans The Daily Texan.