Critique

The Giaccomo : Xavier Lacaille incarne un influenceur star dans un faux documentaire

15 juin 2026

Par Lisa Muratore

Illustration
“The Giaccomo” en salle le 17 juin 2026. ©Le Pacte

Xavier Lacaille se glisse dans la peau de The Giaccomo. En salle le 17 juin, le film retrace l’ascension de cet influenceur pas comme les autres. Critique.

Introduction

On vous présente Giaccomo. Son rêve ? Atteindre les 1 000 K sur ses réseaux sociaux. Porté par Baptiste Drapeau à la réalisation et Xavier Lacaille dans le rôle d’un influenceur originaire d’Amiens en route vers Dubaï, The Giaccomo retrace, sous la forme d’un mockumentaire, l’ascension (et la chute) de cet enfant d’Internet, entre culture du vide et mégalomanie à toute épreuve.

Ce personnage cherche par dessus tout le buzz. Pour cela, il va prendre conseil chez les plus grands influenceurs de notre époque et leurs agents dans un dispositif déstabilisant. On croise ainsi Tibo InShape, Bastos, Michel Cymes, Benjamin Castaldi ou encore Magali Berdah jouant leur propre rôle dans des séquences qui cultivent la nuance entre réalité et fiction.

Xavier Lacaille dans The Giaccomo.©Le Pacte

Et au milieu, Xavier Lacaille

Si la démonstration du film apparaît ainsi troublante, son personnage l’est tout autant. Xavier Lacaille incarne ici un influenceur bas de gamme, perdu ; un exemple parfait de la culture du vide. Pour autant, le film ne pose jamais un regard acerbe ou réellement critique sur « Le G », mais utilise sa personnalité pour mieux comprendre le monde de l’influence, ses enjeux et ses codes.

Inspiré de la série documentaire sur Orelsan, Montre jamais ça à personne, The Giaccomo emprunte à plusieurs références contemporaines, et son protagoniste apparaît comme un héritier de Brüno, un journaliste de mode autrichien et homosexuel qu’incarnait Sasha Baron Cohen dans le film éponyme en 2009.

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Révélé par la série Parlement, Xavier Lacaille s’offre un nouveau clown aussi absurde que touchant. L’acteur et scénariste parvient, à travers Giaccomo, à délivrer une performance habile qui, malgré les postiches et la coupe blonde au bol, n’est pas si vide si l’on creuse un peu.

Car le film aborde plus profondément le besoin d’exister, le principe de la reconnaissance à travers le regard de l’autre, notamment quand une enfance a été gâchée. Derrière un style criard, il y a avant tout un gamin qui rêve de se faire un nom.

The Giaccomo. ©Le Pacte

Alors bien évidemment, la forme, avec Giaccomo, n’est pas toujours la plus subtile et le long-métrage se perd souvent dans des gags poussifs. Mais grâce au talent de son interprète, le projet a quelque chose d’intéressant et dépasse avec ironie le propos simpliste que l’on pouvait attendre. Culture du vide, validation d’autrui, impact des réseaux sociaux… À travers ce film à sketchs, pas toujours bien ficelé ou rythmé, Baptiste Drapeau et Xavier Lacaille offrent le portrait troublant d’un héros contemporain, aussi rêveur que problématique.

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