Porté par des records au box-office, un récit recentré sur Peter Parker et une place habilement négociée dans le MCU, le quatrième Spider-Man de Tom Holland confirme la puissance intacte du héros.
Introduction
Spider-Man n’avait pas besoin de sauver le cinéma de super-héros : il lui suffisait de rappeler pourquoi le public s’était attaché à lui. Sorti en France le 29 juillet, puis aux États-Unis deux jours plus tard, Brand New Day a récolté près d’un milliard de dollars dans le monde en quatre jours, dont 360 millions en Amérique du Nord. Un lancement hors norme, alors que plusieurs franchises Marvel et DC semblaient marquer le pas. Le film prolonge aussi l’élan de No Way Home (2021), immense succès à 1,9 milliard de dollars.
Pourquoi un tel démarrage ?
L’attente était mesurable bien avant la sortie. La première bande-annonce a cumulé 718,6 millions de vues en 24 heures, un record. Mais la curiosité ne suffit pas à expliquer l’ampleur du phénomène. Brand New Day repart de la fin de No Way Home : le monde a oublié Peter Parker, désormais seul à New York. Plutôt que de reproduire le défilé nostalgique de Tobey Maguire et Andrew Garfield, le scénario transforme cette rupture en moteur dramatique.

Le film ramène Spider-Man à une échelle intime. Peter n’est plus protégé par les Avengers, ne peut plus compter sur MJ ni sur Ned et doit reconstruire sa vie. Cette solitude offre à Tom Holland une partition plus grave, saluée par plusieurs critiques. Variety y voit « un baume de drame contemplatif » : le spectacle reste massif, mais il repose avant tout sur un conflit personnel.
Que change Tom Holland ?
Après dix ans dans le costume, l’acteur n’a plus à convaincre qu’il est l’homme-araignée. Il a déjà prouvé qu’il jouait à merveille les fractures de son personnage : culpabilité, épuisement, difficulté à redevenir un jeune homme ordinaire… Zendaya conserve elle aussi une fonction essentielle, en MJ, preuve de ce qu’il a perdu. Sadie Sink apporte une énergie nouvelle et Jon Bernthal et Mark Ruffalo élargissent le récit.

Brand New Day reste évidemment connecté au MCU, avec Hulk, le Punisher et plusieurs pistes tournées vers l’avenir. Mais son intrigue principale demeure autonome : une relative simplicité qui tranche avec la mécanique parfois encombrée du multivers.
Le succès tient enfin à une vieille fidélité. Des films de Sam Raimi au Spider-Verse, chaque génération possède son Spider-Man. Brand New Day n’efface pas cet héritage : il le condense dans un héros reconnaissable, spectaculaire mais faillible, assez populaire pour porter seul un blockbuster mondial.