Le 1er juillet, Supergirl arrive au cinéma pour confirmer la relance de DC après Superman. Dans un genre moins fédérateur qu’avant, le film mise sur une héroïne plus cabossée pour raviver la curiosité du public.
Introduction
Le super-héros n’a pas quitté les salles ; pas encore. Mais ces dernières années, les héros en collants et en capes ont perdu un privilège longtemps acquis : celui d’attirer systématiquement le public. Madame Web, Kraven the Hunter, Joker : folie à deux… La liste des revers financiers, populaires et critiques s’est allongée pour les films adaptés de comics, après deux décennies qui avaient hissé le genre parmi les plus puissants du box-office mondial.
Une place à (re)prendre
Même Marvel, longtemps maître du marché, avance désormais sur un sol instable. Thunderbolts a certes reçu un accueil moins hostile que d’autres productions récentes, mais son box-office mondial est resté modeste à l’échelle du MCU. La plus grande réussite reste, malgré tout, Deadpool & Wolverine, qui a dépassé le milliard de dollars en 2024.
Dans ce paysage refroidi, DC tente de retrouver sa place. Passé par Marvel, où il a transformé les Gardiens de la galaxie en succès planétaire, James Gunn a désormais la charge de remettre de l’ordre chez le grand rival. Superman a donné un premier aperçu de cette relance : un retour aux fondamentaux, qui a séduit une partie du public tout en laissant d’autres spectateurs plus sceptiques face à la direction choisie. La rampe de lancement est pourtant posée : avec Supergirl, le nouveau DCU avance son deuxième pion et doit montrer si le chemin emprunté peut réellement nous réconcilier avec les super-héros.
Supergirl peut-elle faire revenir le public dans les salles ?
Sur le papier, le pari avait de quoi intriguer. Milly Alcock, révélée par House of the Dragon, prête à Kara une dureté juvénile, moins lisse que l’icône attendue et redoutée. Inspiré du comic book Supergirl : Woman of Tomorrow, le film éloigne l’héroïne de la Terre et l’entraîne dans une aventure cosmique pour sauver Krypto, son chien, et aider une jeune fille à venger la mort de sa famille.
Malgré ce potentiel, les premiers chiffres rappellent la sévérité du moment envers le genre. Supergirl a démarré à 38 millions de dollars aux États-Unis et 68 millions dans le monde, loin d’un envol triomphal pour un blockbuster évalué à environ 170 millions. L’accueil critique, correct sans emballement, salue souvent Alcock mais pointe un film inégal.

La leçon est précieuse pour DC. Le studio a sans doute choisi la bonne direction : varier les tons, alléger le poids de la mythologie, donner à chaque film une couleur reconnaissable… Mais l’époque ne récompense plus les intentions. Après des années de saturation, les spectateurs demandent une raison nette de revenir en salle. Supergirl semble en posséder quelques-unes ; peut-être pas encore assez pour dissiper la grande fatigue des capes.