Longtemps réduite à une mode adolescente des années 2000, la danse électro retrouve une autre profondeur dans Rebonds. La série retrace l’ascension, la chute et la renaissance d’un mouvement né dans les clubs avant de gagner les scènes internationales.
Introduction
La Tecktonik n’était peut-être pas seulement cette vague fluo, moquée puis rangée dans l’album des années 2000. Avec Rebonds : une épopée de la danse électro, Arte rouvre un dossier culturel souvent réduit à un effet de mode. Disponible le 10 juin sur arte.tv, YouTube et les réseaux sociaux de la chaîne, cette série documentaire en quatre épisodes retrace l’histoire d’une danse née en France.
Réalisée et écrite par Loïc Phil et Marianne Getti, la série mêle images d’archives, entretiens et séquences chorégraphiées pour raconter une culture populaire passée de l’euphorie collective à l’underground, avant de retrouver une visibilité internationale.
Quel est le point de départ de Rebonds ?
Le programme s’ouvre sur la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris, le 26 juillet 2024. Sous la pluie, des danseurs électro se produisent devant des milliards de spectateurs. Pour beaucoup, leurs gestes rappellent immédiatement la Tecktonik, ce phénomène adolescent qui avait envahi les cours de récréation, les clips, les blogs et les premières plateformes vidéo à la fin des années 2000.

Mais Rebonds choisit de déplacer le regard. Derrière le souvenir d’une mode, la série distingue la danse électro de son emballage médiatique. Elle rappelle que cette pratique s’est construite dans les clubs parisiens, notamment autour du Metropolis – grande discothèque située à Rungis, en banlieue parisienne.
Qui est Brandon Masele, alias Miel ?
Le récit suit notamment Brandon Masele, alias Miel, chorégraphe français d’origine congolaise. Adolescent, il découvre la Tecktonik, comme des milliers d’autres jeunes. Son parcours sert de fil rouge. Là où d’autres abandonnent après l’effondrement commercial du mouvement, Miel continue. Il plonge dans l’univers des battles, travaille le geste, affine le vocabulaire. La série revient sur un paradoxe : la Tecktonik a rendu la danse électro visible, mais elle l’a aussi enfermée dans une image très datée.

Que cherche à expliquer le documentaire ?
Rebonds suit donc une trajectoire, une chute et une renaissance. Après la phase virale, la danse électro se recompose autour des battles, des collectifs et des scènes chorégraphiques. Son langage puise dans plusieurs familles gestuelles, du hip-hop au waacking, du voguing au locking, tout en gardant une signature très reconnaissable.
La série montre aussi comment cette danse, longtemps disqualifiée en France, a fini par voyager. Elle franchit les frontières, dialogue avec d’autres cultures urbaines, intéresse des chorégraphes et gagne peu à peu une légitimité artistique.