Foo Fighters, figure mythique du grunge emmené par Dave Grohl, sort son 12e album ce vendredi 24 avril. Entre deuil, héritage de Nirvana et une discographie à rallonge, le groupe peut-il encore nous surprendre ?
Introduction
Parler du nouvel album de Foo Fighters, Your Favorite Toy, c’est d’abord replacer le groupe dans une trajectoire qui est tout sauf linéaire. Il avance en effet en terrain mouvant depuis plusieurs années, et la mort de Taylor Hawkins, en mars 2022, est venue réveiller la bande de Seattle. D’abord avec But Here We Are, sorti en 2023, prenant le contrepied de Medicine at Midnight (2021), qui flirtait un peu trop avec la pop. Mais que les fans du groupe se rassurent : ici, le groupe livre un condensé de ce qu’il sait faire de mieux, entre les riffs enragés, les mélodies qui restent en tête et la voix de Dave Grohl qui joue les caméléons sur chaque chanson.
Le grunge en héritage
Avec Your Favorite Toy, Foo Fighters ne cherche pas à contenter tout le monde, mais plutôt à ce que les auditeurs repartent avec une chanson coup de cœur. Dès les premières secondes, Caught in the Echo et Of All People retournent aux sonorités enragées et engagées de la formation américaine, qui devraient plaire aux fans. Mais, avec Window, troisième titre de l’album, Dave Grohl montre une facette déjà plus intime, plus vulnérable – et plus intéressante –, rappelant par moments la patte de Josh Homme de Queens of the Stone Age.
Le single éponyme, Your Favorite Toy, est une version déchaînée du groupe, qui rappelle d’autres artistes actuels qui les prennent pour référence, comme IDLES. Il dégage une sincérité presque désarmante, comme si le groupe avait décidé de jouer plus fort, plus vite, sans filtre. Sans pour autant tomber dans le confort. D’autres titres restent en tête, comme Child Actor, dans lequel le leader du groupe interroge l’image de la rockstar en la transformant en caricature.
« Alors que je poursuis tous les rôles que j’ai perdus, étais-je assez bon ? » Difficile ici de ne pas y voir une question posée directement à l’Amérique puritaine qui l’a érigé en figure nationale de l’infidélité, interrogeant ses rôles de père et de mari. Entre cris, colère, écho, pleurs, la bande de Grohl passe ici par toutes les étapes du deuil, comme un exorcisme audio.
Un retour mondial
Avec cet album, Foo Fighters montre qu’il puise bien son essence dans le grunge. Sur Your Favorite Toy, le groupe se concentre sur les basiques qui ont fait son succès. La bande de Grohl monte le son des amplis à fond, chantant avec une pointe de nostalgie le deuil et la séparation à pleins poumons. Prenant les critiques de ses albums les moins réussis, le groupe insuffle humanité et émotions à des riffs démentiels, quand d’autres titres représentent à merveille l’ambiance californienne, parfaits pour être écoutés sous le soleil.
D’abord pensé comme un side-project de Nirvana où le batteur, Dave Grohl, souhaitait se lancer en solo, le groupe est désormais composé de six membres, Ilan Rubin remplaçant désormais le regretté Taylor Hawkins. Le musicien a joué avec de nombreux artistes, comme Nine Inch Nails, Paramore ou encore Angels & Airwaves. Et sa batterie se fait toute aussi percutante sur ce dernier album.
Enregistré à Los Angeles, celui-ci a été coproduit par le groupe et Oliver Roman, qui a déjà travaillé avec Foo Fighters, mais également Amyl & the Sniffers, Kills Birds, The Cribs ou encore Militarie Gun. Il est mixé par l’ingénieur du son britannique Mike « Spike » Stent, que l’on ne devrait plus présenter : il a aussi bien travaillé sur de précédents albums de Foo Fighters qu’avec Lorde, Gorillaz, Miley Cyrus, Blink-182 ou Charli XCX. Une équipe d’Avengers, donc, pour un album qui signe également le retour de Foo Fighters sur scène, avec une tournée mondiale, Take Cover, qui passera par Paris, à La Défense Arena, le 19 juin prochain.