Le groupe de rock pop punk électro est de retour dans les bacs ce 26 juin avec un album tourné vers l’espace et l’infini.
Introduction
Muse est-il en mesure de se renouveler avec son nouvel album, The Wow! Signal ? Si la question est inhérente à toutes les propositions inédites de groupes ancrés dans la musique depuis plusieurs décennies, elle ne correspond peut-être pas à ce que cherche à faire la formation menée par Matthew Bellamy. La question serait plutôt : Muse parvient-il à conserver le charme de ses débuts et ses principales caractéristiques ? Quatre ans après Will of the People, le groupe propose son disque le plus porté vers l’espace, vers l’infini et vers la représentation musicale de cette idée.
Le titre donne la ligne directrice de l’album. The Wow! Signal est en effet le surnom donnée à une onde radio entendue en 1977 et d’origine plus ou moins inexpliquée. Alimentant le fantasme autour de la vie extraterrestre, ce Wow Signal a forcément questionné l’existence d’une vie quelque part dans l’espace. Muse s’empare à son tour de la problématique et propose un trip psychédélique façon 2001, l’odyssée de l’espace (1968).
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Débridé dans les sons, expérimental dans l’approche, The Wow! Signal est l’album de Muse le plus « musien » depuis Black Holes and Revelations (2006). Le groupe a toujours eu une appétence pour les étoiles, l’espace et le vide infini. Le « Supermassive Black Hole » est de retour avec des riffs énergiques, la voix envolée de Matthew Bellamy et les variations dissonantes de mélodies, d’instruments et de rythme. Dix morceaux, 45 minutes et un plaisir immédiat à l’écoute. The Wow! Signal à néanmoins tout de l’album à comprendre sur la durée. Entre mystères et exploration de l’espace, on ressent le thème général et l’histoire racontée par Muse au fil des différentes chansons.
Muse en apesanteur
La formation interroge la solitude, le vide intersidéral et convoque certaines peurs primaires autour de l’infini, des extraterrestres et des monstres divins cachés dans l’espace, façon Lovecraft. Il s’agit, par ailleurs, d’un album d’ambiance ; un album symbolique qui nourrit l’imagination de celui qui l’écoute et lui offre la possibilité de créer sa propre histoire.
Cependant, cette liberté de ton a un revers : certains morceaux sont trop débridés et l’on passe inévitablement à côté. C’est le cas de l’introduction, The Dark Forest, qui va dans une direction trop conceptuelle pour être agréable lors de la première écoute.

Ceci étant dit, plusieurs trouvailles originales sont présentes sur ce The Wow! Signal. Entre l’ambiance opéra, la portée symphonique et l’inspiration électro façon French Touch, Muse semble expérimenter à chaque nouvelle piste. Le thème de l’espace a souvent infusé les obsessions du groupe, mais ce dixième album est celui qui plonge le plus dans le sujet. On pourrait penser qu’il n’y a pas suffisamment de chansons, mais le groupe ne s’empêche pas d’aller dans la durée, avec une majorité de titres dépassant les quatre ou cinq minutes.
Toujours plus fort et plus énervé
The Wow! Signal serait-il en réalité l’album de l’excès ? Avec moins de respiration entre les titres, tout semble avoir été pensé pour la scène, les concerts démesurés et l’énergie crescendo d’une performance live. Quelques morceaux n’en sont pas moins instantanément excellents, dont Hush (avec Ellie Goulding) ou Nightshift Superstar. Shimmering Scars déroge à la règle du « toujours plus fort », et s’impose comme le morceau le plus intimiste et vulnérable de l’album, une ballade sensible et douce portée par Matthew Bellamy.
Muse est bel et bien de retour avec The Wow! Signal, qui semble tout droit sorti du début des années 2000. Néanmoins, si le son a une portée nostalgique, l’expérimentation et les thèmes abordés sont profondément ancrés dans notre époque. Une façon pour le groupe de continuer à s’inscrire dans l’actualité sans renier son passé ou son style ? The Wow! Signal devra avant cela résister à l’épreuve du temps (et de l’espace).