La scène électro est en deuil. Le DJ et producteur français Kavinsky, de son vrai nom Vincent Belorgey, a été retrouvé mort mardi 28 juillet à son domicile parisien, à l’âge de 50 ans. Derrière ce nom devenu culte se cache l’un des artistes les plus singuliers de sa génération, capable de transformer une passion d’enfance pour le cinéma en une poignée de titres devenus intemporels. Retour sur cinq d’entre eux qui ont bâti sa carrière.
Introduction
Révélé à la fin des années 2000, Kavinsky s’était imposé comme l’une des icônes les plus reconnaissables de l’électro française, à mi-chemin entre nostalgie 80s et esthétique cinématographique. Proche de Daft Punk, de Mr. Oizo ou encore du label Ed Banger, il avait construit tout un univers autour d’une figure inspirée des séries et films de son enfance – lunettes teintées, blouson et Ferrari Testarossa en guise de marque de fabrique.
Voir cette publication sur Instagram
Une identité forte qui lui aura permis de dépasser le simple statut de DJ pour devenir un véritable personnage de fiction, au croisement de la musique, du cinéma et du jeu vidéo.
Testarossa Autodrive (2007)
Sorti d’abord sur l’EP 1986, ce morceau installe déjà la touche Kavinsky : vitesse, nostalgie 80s, sonorités analogiques et référence à peine voilée à sa Ferrari Testarossa. C’est aussi à travers ce titre que se dessine le choix fondateur de l’artiste : se cacher derrière un personnage plutôt que d’exposer son propre visage. Quelques années plus tard, Testarossa Autodrive sera retravaillé sur OutRun (2013), confirmant son importance fondatrice dans le répertoire du musicien.
Nightcall (2010)
Coécrit et co-produit avec Guy-Manuel de Homem-Christo de Daft Punk, magnifié par la voix de Lovefoxxx, Nightcall s’impose comme sa signature absolue lorsque Nicolas Winding Refn le choisit pour ouvrir son film Drive, porté par Ryan Gosling. Diffusée à la télévision, dans des publicités ou en soirée, cette chanson figure parmi les plus entendues au monde, dépassant largement le cadre de la scène électro pour devenir un phénomène culturel mondial.
Odd Look feat. The Weeknd (2013)
Encore inconnu du grand public, Abel Tesfaye – pas encore surnommé The Weeknd par la planète entière – pose sa voix sur ce titre du premier opus de Kavinsky. Une collaboration née grâce à un ami commun, le producteur Prince 85, et qui prend aujourd’hui une tout autre saveur : celle d’avoir capté un talent avant son ascension fulgurante.
Renegade feat. Cautious Clay (2022)
Premier titre extrait de Reborn, Renegade marque le retour du DJ après plusieurs années de discrétion consacrées à la scène. Le morceau prolonge l’histoire de son personnage, initiée près d’une décennie plus tôt sur OutRun, sans jamais en dévoiler tous les rouages, laissant volontairement planer le mystère sur la suite. Un comeback qui prouve que son univers n’avait rien perdu de sa singularité.
Nightcall, version JO (2024)
Interprété au Stade de France le 11 août 2024 lors de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Paris, aux côtés d’Angèle et du groupe Phoenix, le tube connaît une véritable seconde jeunesse. La prestation bat des records Shazam pour le son le plus identifié en une journée et en une minute dans l’histoire de l’application. Réenregistré et sorti en single un mois plus tard, il obtient son meilleur classement en France, à la troisième place – preuve que, quatorze ans après la sortie de Nightcall, le génie de Kavinsky continue de résonner.