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Vous ne rêvez pas, MySpace pourrait (encore) faire son grand retour

10 août 2026

Par Pierre Crochart

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©chrisdorney / Shutterstock.com

Face à l’épuisement causé par les algorithmes, la plateforme historique MySpace prépare un retour pour séduire une génération en quête d’« humanité ».

Introduction

Après un come-back raté en 2013, le proto-réseau social de l’ère pré-Facebook veut revenir sur le devant de la scène. Entre stratégie de « contre-programmation » et défi marketing colossal, la plateforme cherche à transformer son héritage en un refuge contre l’hyper-connectivité actuelle, rapporte CNBC.

Un retour stratégique pour briser le règne des algorithmes

Le projet de relance de MySpace, porté par les frères Vanderhook, s’inscrit dans une dynamique de « fatigue numérique ». Aujourd’hui, les utilisateurs et utilisatrices sont de plus en plus las des flux incessants et des algorithmes prédictifs de Meta ou TikTok. Vantant une expérience plus personnelle, MySpace espère devenir « l’antidote » à cette sursollicitation, se positionnant comme une alternative plus humaine et moins intrusive.

Cependant, le chemin vers le succès est semé d’embûches aussi bien techniques que culturelles. Si les Millennials conservent une affection pour l’esthétique pailletée de la plateforme, les jeunes générations (Gen Z et Alpha) ont été formées par des interfaces épurées et des contenus ultra-rapides. Le défi pour les propriétaires sera de marier le charme du passé avec une ergonomie moderne, sans tomber dans le piège d’une interface trop complexe ou obsolète.

Sur le plan économique, la survie de MySpace dépendra de sa capacité à attirer les annonceurs. Contrairement aux géants qui disposent de données massives, MySpace devra prouver que sa plateforme peut générer un engagement réel pour les marques. Pour réussir, elle devra s’assurer que le contenu créé par les internautes soit suffisamment captivant pour justifier un investissement publicitaire, tout en restant agile face à une concurrence féroce, qui séduit déjà plusieurs milliards d’utilisateurs et d’utilisatrices chaque jour. Rien qui semble éroder la détermination des propriétaires de la marque. « On possède encore Myspace. On en est les gardiens du temple à l’heure qu’il est, et on va relancer Myspace », déclarent les frères Vanderhook. « On attend juste le bon moment pour le faire. Et si ça foire, on recommencera. »

Des enjeux de niche dans un marché saturé

Le succès de MySpace ne sera probablement pas celui d’un « nouvel empire » du réseau social, mais plutôt celui d’une plateforme de niche. Pour survivre, elle devra se différencier radicalement des réseaux dominants en ciblant des segments spécifiques plutôt qu’en cherchant à concurrencer Facebook directement sur son terrain de jeu.

Cette stratégie de « contre-programmation » est déjà visible sur le marché : on observe une montée en puissance de plateformes plus privées (comme Discord), de modèles basés sur le contenu (Substack, Patreon), ou d’alternatives aux mastodontes comme X (anciennement Twitter), portées par des plateformes décentralisées comme Bluesky. MySpace pourrait s’insérer dans cette tendance en misant sur la qualité de l’interaction plutôt que sur la quantité de vues.

Enfin, cette relance s’inscrit dans un contexte de régulation accrue. Avec les débats sur la protection des mineurs et les risques pour la santé mentale, MySpace devra naviguer dans un environnement juridique complexe. Sa capacité à attirer les trentennaires et quarantenaires — les principaux détenteurs de pouvoir d’achat — sera le facteur clé de sa viabilité commerciale à long terme.

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