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En 2027, il faudra faire deux fois plus de vues pour gagner de l’argent sur YouTube

11 août 2026

Par Pierre Crochart

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© Google

YouTube annonce une refonte majeure de son Programme Partenaire (YPP). Dès février 2027, les barrières à l’entrée pour les nouveaux créateurs doubleront pour les heures de visionnage, marquant un tournant dans l’économie de la plateforme.

Introduction

Le géant de la vidéo en ligne s’attaque aux règles de son Programme Partenaire (YPP), un pilier de l’écosystème numérique depuis près de vingt ans. Alors que la plateforme cherche à se positionner comme un service premium comparable à des plateformes de SVOD comme Netflix ou Disney+, elle impose de nouveaux critères de qualification plus exigeants. Cette mutation, nous dit Google, vise à soutenir la croissance de YouTube face à l’explosion des Shorts et aux nouveaux modèles économiques, tout en rééquilibrant le partage des revenus avec les créateurs de contenu.

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Des barrières plus hautes pour accéder au Programme Partenaire

Pour les nouveaux créateurs et créatrices souhaitant monétiser leur chaîne, le chemin devient plus sinueux. À partir du 1er février 2027, YouTube imposera de nouveaux seuils de qualification pour accéder aux revenus publicitaires et aux abonnements Premium (à ne pas confondre avec YouTube Premium). Désormais, il faudra accumuler au moins 8 000 heures de visionnage qualifié au cours des 365 derniers jours, ou atteindre 20 millions de vues de Shorts au cours des 90 derniers jours (contre 4 000 heures ou 10 millions de vues actuellement). Bien que les créateurs déjà intégrés au programme ne soient pas directement affectés par ces nouveaux critères d’entrée, ils devront toutefois accepter les nouvelles conditions générales avant la fin de janvier 2027.

La plateforme justifie ce durcissement par la nécessité de « s’adapter à la croissance de YouTube », qui génère aujourd’hui plus de 200 milliards de vues de Shorts et plus d’un milliard d’heures de visionnage sur TV chaque jour. L’objectif affiché est de pouvoir « investir dans de nouveaux programmes d’incitation qui soutiennent directement la croissance des créateurs ». En clair : YouTube veut rationaliser ses dépenses, et capitaliser davantage sur les chaînes capables de susciter un fort engouement avant de leur permettre de gagner de l’argent avec leur contenu.

Par ailleurs, la monétisation des Shorts connaît également un ajustement stratégique. Pour conserver leur part des revenus publicitaires et des abonnements sur les formats courts, les créateurs devront maintenant maintenir un volume de 10 millions de vues de Shorts sur une période de 90 jours. Les chaînes ne dépassant pas ce seuil resteront toutefois membres du YPP et pourront continuer à gagner de l’argent sur leurs vidéos longues. Pour ces chaînes, YouTube prévoit d’introduire de nouveaux moyens de gagner de l’argent basés sur des étapes spécifiques, comme des bonus pour YouTube Shopping ou des incitations pour des accords de marque.

Expansion de Premium Lite et nouveaux horizons pour les créateurs

Pour compenser ce durcissement des critères d’entrée, YouTube annonce une extension de son offre « Premium Lite ». Ce service plus abordable, qui permet aux viewers d’être moins distraits par la publicité, a été lancé en France il y a un peu plus d’un an. Pour les créateurs, cette nouveauté est présentée comme une opportunité : ils pourront récupérer une partie des revenus issus de ces abonnements. Plus précisément, 60 % des revenus nets de Premium Lite (contre 30 % pour Premium) ; une répartition qui prend en compte les coûts d’exploitation et les accords avec les partenaires musicaux. Cela fera-t-il vraiment une différence, alors que Premium Lite est proposé à 7,99€ par mois contre 12,99€ par mois pour la version classique ?

Le partage de ces revenus se fera selon une répartition fixe : 55 % pour les vidéos de format long et 45 % pour les Shorts. Selon l’annonce officielle de la plateforme, les créateurs peuvent s’attendre à des revenus plus élevés avec l’augmentation des abonné·es : « quand un utilisateur s’inscrit à Premium, les partenaires gagnent en moyenne plus que lorsque l’utilisateur regardait des publicités ». Cette stratégie s’aligne avec la volonté de YouTube de transformer sa plateforme en un service de streaming premium similaire à Netflix ou Disney+.

Enfin, ce changement s’inscrit dans un contexte de forte concurrence pour dans l’économie de l’attention en ligne. Alors que YouTube ajuste ses règles, d’autres plateformes comme X (anciennement Twitter) ont récemment modifié leurs lignes directrices pour ne récompenser que le contenu jugé original. De son côté, Meta a également lancé de nouveaux programmes de monétisation pour attirer les créateurs en provenance de TikTok et de YouTube, illustrant une guerre acharnée pour le contrôle de la « creators economy« .

Reste que si devenir créateur ou créatrice de contenus est un rêve encore entretenu par beaucoup d’internautes aujourd’hui, les places s’annoncent de moins en moins nombreuses, et le durcissement des règles d’accès à la monétisation risque d’œuvrer pour une uniformisation des contenus au détriment de l’originalité qui fait la richesse des plateformes en ligne.

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Article rédigé par

Journaliste

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