Après Dahmer, les Menendez et Ed Gein, Ryan Murphy s’attaque pour la première fois à une figure féminine du true crime. Mais qui était vraiment Lizzie Borden ?
Introduction
Depuis son récit glaçant sur Jeffrey Dahmer, Monstre est devenu l’un de ces rendez-vous qu’on attend avec un mélange de fascination et de gêne, ce fameux guilty pleasure qu’on assume mal à voix haute. La série anthologique de Ryan Murphy et Ian Brennan revient ce 17 septembre pour un quatrième volet sur Netflix, et, pour l’occasion, elle change de terrain. Exit les monstres masculins : pour la première fois, le show s’intéresse à un monstre au féminin.
Comme son nom l’indique, Monstre : L’histoire de Lizzie Borden raconte la trajectoire de Lizzie Borden, cette femme du Massachusetts accusée en 1892 d’avoir tué ses deux parents à coups de hache. Une affaire restée dans la mémoire collective américaine, au point de presque devenir une légende.
Une machine à succès
Monstre a bâti sa réputation à coups de chiffres vertigineux. La toute première saison, consacrée à Jeffrey Dahmer, a atteint le milliard d’heures de visionnage en seulement 60 jours, l’installant durablement parmi les plus gros cartons de l’histoire de la plateforme. Elle a décroché 13 nominations aux 75e Primetime Emmy Awards en 2024.

Le deuxième volet, centré sur les frères Menendez, a suivi la même destinée avec 11 nominations lors de la 77e cérémonie des Primetime Emmy Awards en 2025. Le troisième chapitre, dédié à Ed Gein, ce criminel dont le parcours a nourri des films comme Psychose et Le silence des agneaux, a enregistré 12,2 millions de vues dans le monde lors de ses trois premiers jours de diffusion, une première place dans 11 pays et sept nominations aux 78e Primetime Emmy Awards en 2026. Trois saisons, trois monstres au masculin, et un même appétit du public pour ces plongées dans la psychologie des tueurs.
Le premier monstre féminin
Pour sa première saison consacrée à une tueuse, Netflix a confié le rôle-titre à Ella Beatty (Feud, If I Had Legs I’d Kick You). Autour d’elle, le casting rassemble Vicky Krieps (Phantom Thread), Charlie Hunnam (Sons of Anarchy), Rebecca Hall (Vicky Cristina Barcelona), Billie Lourd (Scream Queens), Jessica Barden (The End of the F***ing World), ou encore Sarah Paulson (American Horror Story), habituée de l’univers de Ryan Murphy.

Interrogée par Tudum (le média de Netflix), Ella Beatty a expliqué que le fait d’explorer la psychologie de cette femme et de disséquer un crime américain aux résonances presque mythiques relevait pour elle du rêve. « Ce chapitre nous présente notre premier monstre féminin et plonge au cœur de la rage et de la répression féminines, des thèmes que je trouve d’une actualité frappante. J’ai hâte de la partager avec le monde entier. »
Cette question de la fabrique du monstre traverse toute la démarche. Comme Ella Beatty le rappele, chaque saison de Monstre a été un exercice de compréhension de la psychologie des personnages : sont-ils nés ainsi ou le deviennent-ils ? « Je savais dès le départ que Ryan Murphy et Ian Brennan souhaitaient vraiment explorer ce qui pousse une femme à la violence », conclut-elle.

Annoncée comme la saison « la plus déjantée à ce jour », cette quatrième salve suit « la fille soumise d’une riche famille de Nouvelle-Angleterre et sa servante, toutes deux enfermées dans une demeure marquée par l’humiliation et la cruauté, qui trouvent refuge dans un univers de fantasmes mêlant sexe, pouvoir et vengeance », détaille le synopsis. Les meurtres qui en découlent ne se contentent pas de choquer : ils font naître une icône décidée à écrire sa propre légende plutôt que de vivre en cage.