Un classique du roman policier change d’époque et de visage sur TF1. Décor, personnages, narration : voici ce que la série conserve, ou transforme, de l’énigme imaginée par Gaston Leroux.
Introduction
Près de 120 ans après avoir défié les lecteurs, la chambre jaune se referme sur de nouveaux enquêteurs. TF1 transpose le classique de Gaston Leroux dans la France contemporaine. La mini-série débutera ce 3 septembre sur TF1, à raison de deux épisodes par soirée les 3, 10 et 17 septembre.
D’où vient le mystère ?
Ancien chroniqueur judiciaire et grand reporter, Gaston Leroux publie son récit dans L’illustration à partir de 1907, puis en volume chez Pierre Lafitte l’année suivante (1908). Il y crée Joseph Rouletabille, reporter de 18 ans appelé à devenir une grande figure du roman policier français.

Avec son ami Sainclair, le jeune homme rejoint le domaine du Glandier, où Mathilde Stangerson, fille d’un savant, a été grièvement agressée. Sa porte était verrouillée de l’intérieur, sa fenêtre grillagée et des témoins se tenaient à proximité. À l’ouverture de la chambre, la victime est seule.
Comment Rouletabille a-t-il changé ?
Le château du Glandier cède la place à L’Artuby, village des gorges du Verdon. Mathilde Fabre, jouée par Barbara Schulz, se réfugie dans sa chambre après avoir été prise de panique. Des cris, puis un coup de feu retentissent. La porte blindée enfoncée, elle est découverte inconsciente, sans trace de son agresseur.

Joseph devient Joséphine, dite Jo, journaliste incarnée par Claire Romain. Originaire de L’Artuby, elle revient enquêter car Mathilde est une amie d’enfance. Avocat et narrateur du livre, Sainclair devient un podcasteur de true crime joué par Pierre-Yves Bon. La presse reste au cœur du récit, mais le podcast remplace le feuilleton. Larsan (Benjamin Baroche), Darzac (Medi Sadoun) et la juge Marquet (Michèle Bernier) prolongent les équivalents littéraires.
S’agit-il encore de la même enquête ?
L’énigme de la chambre close, la rivalité avec Larsan et les principaux suspects sont préservés. La série ajoute toutefois des intrigues et des fausses pistes pour dérouter les lecteurs qui connaissent la solution.
Globalement, cette modernisation divise. Quand Télé-Loisirs estime que « faire de Rouletabille une héroïne […] se révèle une évidence » et loue une fiction qui évite de « sentir la naphtaline », Télérama évoque au contraire une « adaptation plan-plan ».