Le chef-d’œuvre de Stendhal retrouve l’écran sous les traits de Victor Belmondo. La mini-série en conserve la trame mais allège sa complexité psychologique et politique.
Introduction
Disponible depuis le 21 août sur france.tv, Le rouge et le noir arrive sur France 2 les 31 août et 7 septembre. Les quatre épisodes sont écrits par Georges-Marc Benamou et Gilles Taurand, et réalisés par Gaël Morel (Vivre, mourir, renaître). Victor Belmondo incarne Julien, Virginie Ledoyen, Louise de Rênal, et Camille Razat, Mathilde de La Mole. La production promet un héros « joueur, séducteur, hâbleur » et un classique réveillé plutôt que placé sous cloche.
Publié en 1830 et inspiré de l’affaire Antoine Berthet, Le rouge et le noir suit un fils de charpentier qui étouffe dans la France verrouillée de la Restauration. Admirateur de Napoléon, Julien ne peut plus espérer réussir par les armes, associées au rouge du titre, et choisit le noir de la soutane. Précepteur chez les Rênal, amant de Louise, séminariste à Besançon puis secrétaire du marquis de La Mole à Paris, il croit trouver auprès de Mathilde un passage vers l’aristocratie.
Jusqu’où la série suit-elle le livre ?
Le squelette du roman tient bon : Verrières, l’adultère, le séminaire, les La Mole, la grossesse de Mathilde et la lettre fatale répondent présents. Quatre épisodes obligent néanmoins à tailler dans l’imposante matière de Stendhal. Plusieurs détours politiques, religieux et mondains disparaissent, comme la manœuvre de Julien auprès de Mme de Fervaques pour rendre Mathilde jalouse. Louise poursuit, elle, son chemin dans un couvent, ajout absent du livre.

Certaines scènes sont moins supprimées que retournées. Dans le roman, Julien brise un vase japonais pour figurer son amour détruit ; à l’écran, Mathilde le lui casse sur la tête. Les dialogues sont également modernisés. « C’est un Gossip Girl en costumes », rapporteTélé-Loisirs.
Le résultat divise franchement. Ouest-France salue « une adaptation fidèle et très réussie », tandis que Le Figaro retient « une adaptation sans prétention qui n’ennuie pas ». Le constat s’assombrit chez Télérama, qui estime qu’il en « reste peu de choses ». Le Parisien tranche plus encore :« atmosphère fade, acteurs en roue libre… Un naufrage ! »