Passés maîtres dans l’art du caméo, de nombreux cinéastes aiment s’offrir une apparition surprise dans leurs propres films. Des apparitions discrètes, semblables à des clins d’œil, qui deviennent jubilatoires pour les spectateurs à l’œil averti. Du spécialiste du genre Alfred Hitchcock à l’immanquable George Lucas, sélection des caméos de cinéastes les plus mémorables du septième art.
Introduction
Un chapeau de cowboy planté là sans raison, une carotte croquée avec un aplomb suspect, ou encore un passager de taxi volubile… Derrière ces apparitions décalées se cachent parfois les plus grands maîtres du cinéma.
Alors, à tous les férus d’easter eggs, réajustez vos lunettes, il est temps de nous prouver que vous avez un véritable œil de lynx.
Psychose, Alfred Hitchcock (1960)
Marion Crane (Janet Leigh), employée de bureau, prend la fuite après avoir dérobé une grosse somme d’argent à son patron. Dans sa cavale, la jeune femme s’arrête pour une nuit dans le motel isolé du jeune et énigmatique Norman Bates (Anthony Perkins). Une rencontre qui va virer au cauchemar.
Impossible de commencer cette sélection sans parler d’Alfred Hitchcock. Au début de Psychose, alors que Marion Crane revient au bureau après sa pause déjeuner, on l’aperçoit coiffé d’un chapeau, planté sur le trottoir devant l’immeuble. Et si vous pensiez que c’est une première, détrompez-vous. Qu’il remonte un pendule dans Fenêtre sur cour, porte un étui à clairon dans Sueurs froides, apparaisse dans des tribunes dans Frenzy ou encore promène ses chiens dans Les Oiseaux, le maître du suspense est loin d’en être à son coup d’essai.
Taxi Driver, Martin Scorsese (1976)
Travis Bickle (Robert De Niro), ancien vétéran du Vietnam rongé par l’insomnie, sillonne les nuits new-yorkaises au volant de son taxi. Dégoûté par la corruption et la violence qu’il observe autour de lui, cet homme profondément seul développe une obsession pour la jeune Iris (Jodie Foster), tout en fantasmant sur son envie de « purifier » la ville par la force.
Martin Scorsese s’offre dans Taxi Driver l’un des caméos les plus glaçants. Crédité au générique sous le nom de « Passenger Watching Silhouette », il incarne un client au discours terrifiant, qui demande à Travis de s’arrêter devant un immeuble pour observer, à travers la fenêtre, la silhouette de sa femme, avant de détailler son envie de la tuer.
Pulp Fiction, Quentin Tarantino (1994)
À Los Angeles, les destins de plusieurs protagonistes du milieu criminel s’entrecroisent : les tueurs à gages Jules Winnfield (Samuel L. Jackson) et Vincent Vega (John Travolta), le boxeur Butch (Bruce Willis), et enfin Mia (Uma Thurman), la femme d’un parrain local.
Dans Pulp Fiction, Quentin Tarantino apparaît en Jimmie Dimmick, un ami de Jules contraint d’héberger en urgence une voiture maculée de sang après la bavure de Vincent. Une apparition certes plus bavarde qu’un simple clin d’œil, mais qui nous offre pour autant une tirade savoureuse.
Scream, Wes Craven (1996)
Seule chez elle, la lycéenne Casey Becker (Drew Barrymore) reçoit l’appel d’un inconnu aux passe-temps malsains. Ce dernier l’entraîne dans un jeu mortel autour de ses connaissances en films d’horreur. Mais attention, car à la moindre mauvaise réponse, c’est son petit ami qui en paiera le prix fort.
Le réalisateur de Scream se glisse dans la peau de Fred, le concierge du lycée de Woodsboro, dont la tenue nous fait indéniablement penser à celle d’un certain Freddy Krueger. Coïncidence ? Certainement pas. Une manière discrète, pour Craven, de saluer sa propre légende sans jamais prononcer son nom.
Titanic, James Cameron (1997)
1912. Jack Dawson (Leonardo DiCaprio), un artiste sans un sou, et Rose DeWitt (Kate Winslet), une jeune femme promise à un riche héritier, tombent amoureux à bord du Titanic, le paquebot le plus luxueux de son époque. Une histoire d’amour impossible qui va se heurter, en quelques heures à peine, à l’un des plus grands naufrages de l’Histoire.
Qu’on se le dise, James Cameron sait se cacher et le réalisateur de Titanic a plus d’une corde à son art. Lors de la fameuse scène où Jack dessine Rose, ce ne sont pas les mains de Leo DiCaprio que la caméra filme en train de tenir le crayon, mais bien celles du cinéaste lui-même. Chapeau l’artiste.
Le Sixième Sens, M. Night Shyamalan (1999)
Cole Sear (Haley Joel Osment), un jeune garçon à peine âgé de huit ans, confie à son psychologue Malcolm Crowe (Bruce Willis), un lourd secret : il voit des morts. Ensemble, ils tenteront de comprendre ce don aussi terrifiant qu’incontrôlable.
Dans Le Sixième Sens, M. Night Shyamalan apparaît sous les traits du Dr. Hill, un pédiatre que l’on croise dans une scène où Cole se retrouve hospitalisé. Une apparition brève, sans grande incidence sur l’intrigue, mais qui a tout de même lancé une habitude chez le cinéaste : celle de se trouver une place devant la caméra dans une bonne partie de ses films.
La Communauté de l’anneau, Peter Jackson (2001)
Frodon Sacquet (Elijah Wood), un jeune hobbit, hérite d’un anneau aux pouvoirs redoutables. Il doit alors détruire ce dernier dans les flammes de la Montagne du Destin avant que le seigneur des ténèbres Sauron s’en empare et plonge la Terre du Milieu dans l’obscurité.
Vous n’aviez pas remarqué la silhouette culte de Peter Jackson dans l’une des sagas les plus épiques du grand écran ? On l’entraperçoit en fait dans la ville de Bree, en train de croquer une carotte avec aplomb. Un caméo surprenant et particulièrement drôle. Et le cinéaste de La Communauté de l’anneau a su jouer avec les fans à multiples reprises. Il réapparaît en soldat du Rohan lançant une lance lors de la bataille du Gouffre de Helm dans Les Deux Tours, en corsaire d’Umbar dans Le Retour du roi et enfin, fuyant le dragon Smaug dans Le Hobbit : Un voyage inattendu.
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Star Wars, Épisode III : La Revanche des Sith, George Lucas (2005)
Anakin Skywalker (Hayden Christensen), jeune chevalier Jedi promis à un grand destin, sombre peu à peu du côté obscur de la Force. Manipulé par le chancelier Palpatine, il deviendra le seigneur Dark Vador.
George Lucas, le créateur de Star Wars, s’octroie une apparition dans la peau du Baron Papanoida, un personnage extraterrestre non parlant que l’on rencontre dans la scène de l’opéra de Coruscant. Un clin d’œil qui figure aujourd’hui parmi les meilleurs caméos de réalisateurs.
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