Inspirée par le phénomène méconnu des disparitions volontaires, la nouvelle fiction de France 2 séduit par son sujet et ses interprètes malgré une mécanique policière parfois trop conventionnelle.
Introduction
Peut-on tout quitter sans explication, au risque de condamner ses proches à une attente sans fin ? Les évaporés fait de cette question le moteur d’un polar sans cadavre ni coupable. Ses six épisodes sont disponibles sur france.tv depuis le 27 août et sur France 2 à partir de ce mercredi 9 septembre. Après trois années à traquer un meurtrier, la commandante Esther Bazin quitte la police pour retrouver une vie familiale délaissée. Mais son compagnon Mathias s’est volatilisé, ne laissant qu’un laconique « Je suis désolé ». Faute d’élément inquiétant, aucune enquête n’est ouverte. Esther rejoint alors Frankie et Douma, bénévoles du Groupe de recherche sur les disparitions volontaires.
Qu’en pense la presse ?
Les médias accueillent favorablement le programme, saluant d’abord son originalité et son traitement humain. Télé-Loisirs évoque un trio qui « renouvelle le genre de la fiction policière », quand Le Point estime que les créateurs se sont « intelligemment emparés » de ce phénomène complexe pour construire des histoires crédibles.

L’interprétation apparaît comme la principale réussite. Télé-Loisirs salue « des comédiens au jeu impeccable » ; Les Chroniques de Cliffhanger voient dans « l’évidence progressive » formée par Esther, Frankie et Douma « la grande réussite de la série ». Le média apprécie également une fiction qui « ne cesse de gagner en intérêt, en densité et en émotion ».
Les avis se montrent plus partagés sur la forme. Le Point juge la série « classique, bien ficelée » mais reconnaît qu’elle « ne révolutionne pas le genre ». Les Chroniques de Cliffhanger relèvent des enquêtes inégales, dont certaines « souffrent de facilités ou de petites scories d’écriture ». Télérama formule la critique la plus sévère : la fiction « sabote son potentiel romanesque en abusant de formules du polar procédurier » et demeure, selon le magazine, dans « la routine d’un divertissement agréable mais interchangeable ».
Quelles œuvres abordent le même sujet ?
Au Japon, ces disparus sont appelés jōhatsu (littéralement, les « évaporés »). Léna Mauger et Stéphane Remael leur ont consacré l’enquête Les évaporés du Japon, publié en 2014. En 2024, un documentaire, intitulé, Évaporés, suivait des sociétés aidant leurs clients à s’effacer.
Le phénomène a aussi nourri aussi le roman Les évaporés de Thomas B. Reverdy, adapté en BD par Isao Moutte. En France, le film Les enfants vont bien et le livre Je suis Romane Monnier explorent, également, le vertige d’un départ sans retour.