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Les évaporés : peut-on vraiment disparaître sans que la police enquête ?

08 septembre 2026

Par Louise Lepense

Illustration
“Les évaporés”, le 9 septembre 2026 sur France 2. ©France Télévisions

Derrière le ressort policier de la nouvelle fiction de France 2 se cache une réalité méconnue : un adulte est libre de couper les ponts avec ses proches. Une liberté toutefois encadrée, loin du vide juridique absolu suggéré à l’écran.

Introduction

Un mot dans une maison vide et Mathias s’est volatilisé. Pour Esther Bazin, commandante de police, le choc se double d’une impasse : son mari est majeur, son départ paraît volontaire, les autorités ne le rechercheront pas. Aidée de deux civils, elle remonte alors la piste de ceux qui ont choisi de rompre avec leur vie. Les évaporés, fiction en six épisodes, réunit Alexia Barlier (La forêt), Foëd Amara et Faustine Koziel. Déjà disponible en intégralité sur france.tv depuis le 27 août, elle arrive le 9 septembre sur France 2.

Peut-on partir sans prévenir ?

Quitter son domicile et couper tout contact avec ses proches ne constitue pas une infraction. Un adulte autonome n’a pas à révéler à sa famille où il vit et, s’il est retrouvé sain et sauf, il reste libre de renouer ou non avec elle. Le « droit fondamental à disparaître », invoqué dans la série, ne figure toutefois sous ce nom dans aucun texte de la législation française. Il découle plutôt de la liberté d’aller et venir, du respect de la vie privée et de l’absence d’interdiction pénale.

Les évaporés.©Rebecca Ghan Coquéric/France Télévisions/Storia Television

L’absence d’un adulte ne suffit donc pas à mobiliser les enquêteurs. La situation change si elle paraît inquiétante ou suspecte. L’article 74-1 du Code de procédure pénale permet alors constatations, réquisitions, perquisitions et saisies. Un départ soudain, un message alarmant, un risque suicidaire, l’âge, la santé ou l’abandon des papiers et médicaments peuvent faire basculer le dossier.

En cas de désaccord avec la police ou la gendarmerie, la loi permet aux proches de demander au procureur de trancher sans délai. À noter que pour les mineurs et les majeurs protégés, la disparition est toujours jugée inquiétante.

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D’où vient alors cet angle mort ?

En 2013, l’État a supprimé la « recherche dans l’intérêt des familles », qui permettait de rechercher un parent majeur sans signe de danger. Les forces de l’ordre n’ont depuis plus vocation à retrouver quelqu’un au seul motif que sa famille souhaite renouer avec lui. Des associations prennent parfois le relais, à l’image de l’ARPD (Assistance de recherche des personnes disparues). Le fictif « Groupe de recherche des disparitions volontaires » de la série s’inspire de plusieurs de ces structures.

Les évaporés.©Rebecca Ghan Coquéric/France Télévisions/Storia Television

Quant aux chiffres, ils demeurent incertains : le communiqué de presse qui accompagne la série France Télévisions évoque 5 000 à 10 000 départs volontaires annuels, contre 4 000 à 5 000 dans l’enquête des Jours (2024) qui a inspiré le projet. Ces cas ne sont plus systématiquement recensés depuis 2013, ce qui interdit d’en mesurer précisément l’ampleur.

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