La plateforme présente son nouveau teen drama sportif pour défier le phénomène de Prime Video qui a régné sur le genre depuis le printemps. Les critiques ont rendu leur verdict.
Introduction
Il y a quelques mois, Hannah Wells et Garrett Graham ont envahi les fils d’actualité. Depuis le 13 mai, leur histoire de faux couple viré en vraies émotions sur Prime Video a propulsé Off Campus au rang de phénomène de l’année – 36 millions de vues en 12 jours, et une saison 2 déjà dans les cartons. Le hockey universitaire régnait sans partage ; mais c’était avant que Netflix ne mette à l’eau sa propre candidate.
Mal barrée a débarqué sur la plateforme ce 10 septembre. Même territoire (sport, lycée, triangle amoureux) ; autre discipline : l’aviron. Teagan Tao, 16 ans, ancienne étoile montante du skiff, voit sa vie basculer quand son père prend la fuite au beau milieu d’une enquête du FBI pour escroquerie financière. Contrainte de refaire sa vie à Eagle’s Cove, dans le Massachusetts, elle intègre le prestigieux Easton Prep, mais qui ne propose pas d’équipe féminine d’aviron. Sa solution : s’imposer comme barreuse d’une équipe masculine composée, évidemment, de beaux garçons.
Qu’en pensent les médias ?
Les huit épisodes ont globalement séduit la presse anglophone, sans déclencher d’unanimité. Pour Hollywood Reporter, la série « coche toutes les cases : des enfants riches et méchants, des querelles familiales, un triangle amoureux complexe et de nombreux plans magnifiques de lacs ». C’est suffisamment « facile à regarder pour être consommé en un week-end », poursuit l’article.

Le Los Angeles Times note, lui, que « si la série suit un schéma narratif assez convenu, de jolis détails s’y glissent avec élégance » et salue des acteurs tous « talentueux » qui « paraissent humains » (malgré une distribution en partie guidée par la beauté). Le choix de Miku Martineau en tant que protagoniste est jugé judicieux par Variety, qui souligne également « la représentation significative d’une Canadienne d’origine japonaise dans le rôle principal, dans un genre qui met rarement les personnes de couleur aux commandes ».
Le sport comme centre de gravité
La série marque des points dans le choix de son port, l’aviron. « Contrairement à certaines séries sportives, celle-ci ne considère pas le sport comme un élément accessoire », observe Hollywood Reporter. Le Los Angeles Times apprécie pour sa part le « jargon de l’aviron à apprendre » et les scènes où « les personnages partagent simplement leurs pensées et leurs sentiments ».

Quant à la direction d’acteurs, Jessica Paré retient particulièrement l’attention : Variety salue « la relation mère-fille touchante, fondée sur un climat de sécurité et une transparence appropriée », tandis que Hollywood Reporter loue « un mélange subtil d’optimisme forcé, de déception à peine dissimulée et de détermination fière ».
Quelles sont les réserves ?
Quelques nuances sont tout de même partagées et portent, majoritairement, sur la profondeur (ou plutôt son absence). Hollywood Reporter regrette que « des personnages peu développés et un univers sous-exploré » et pointe un triangle amoureux « d’une banalité affligeante ». « L’histoire manque de profondeur et de subtilité« , complète Variety.

Le même média estime en outre que la série, en mettant en scène « un lycée privé huppé et une équipe d’aviron divisée entre nantis et démunis, ne s’adresse pas à une génération qui vit dans un monde hyper-numérique, marquée par l’anxiété post-pandémique ». Verdict de Hollywood Reporter, lapidaire :« Assez bon pour être regardé en rafale, mais pas assez prestigieux pour être retenu ».
La série rivalise-t-elle avec Off Campus ?
La comparaison s’impose naturellement, même si les deux séries ne partagent pas totalement le même profil. Off Campus bénéficiait d’un avantage considérable : une base de fans déjà conquis par les romans d’Elle Kennedy. Son adaptation télévisée a toutefois ouvert l’histoire à un public bien plus large et reçu de la part des médias un véritable flot de félicitations pour la solidité de sa romance et la crédibilité de ses personnages. Là où Mal barrée se voit davantage reprocher ses archétypes lisses et ses intrigues secondaires sacrifiées.

Sans oublier qu’une troisième série rôde dans le sillage : Heated Rivalry, elle aussi saluée avec enthousiasme par la critique. Mais la série de Netflix préfère ramener le curseur au lycée (quand ses rivales évoluent à l’université ou dans le monde professionnel). Netflix semble donc miser sur son solide catalogue YA (Heartstopper, Ginny & Georgia, Outer Banks) pour trouver son public. Suffisant pour inquiéter Prime Video ? Très peu probable.