Yeon Sang-ho revient sur grand écran avec un thriller angoissant qui se démarque de ses précédents films fantastiques.
Introduction
Yeon Sang-ho est un réalisateur prolifique. Alors que son dernier long-métrage, Colony, a largement fait sensation lors de sa présentation au Festival de Cannes, c’est un film réalisé en 2025 qui sort ce 29 juillet 2026 sur les écrans français.
Avec The Ugly, le réalisateur culte du Dernier train pour Busan change de registre et délaisse le fantastique horrifique pour un thriller intimiste mêlant drame et suspense, adapté de sa propre bande dessinée.
Dans The Ugly, un maître artisan aveugle est admiré pour la qualité et la beauté des sceaux qu’il grave. Quand les ossements de sa femme disparue 40 ans plus tôt sont retrouvés, leur fils tente de découvrir la vérité. À mesure que l’enquête avance, il déterre des secrets enfouis depuis longtemps autour de sa mère et de son tempérament très particulier. En cause, notamment, son obsession à ne laisser aucune image d’elle et son visage décrit comme très repoussant.
Entre le père aveugle et la mère qui n’est pas montrée, The Ugly joue avec les notions de beauté et de laideur, et de ce qui est vu et caché par les individus et la société. Si l’œuvre n’est pas un film de genre façon Dernier train pour Busan, Peninsula, Colony ou les séries Parasyte et Hellbound, Yeon Sang-ho conserve la même efficacité dans le rythme et dans la tension.
Que pense la presse du film ?
The Ugly est un film profondément ancré dans la culture coréenne et dans son histoire. Pour Le Monde, Yeon Sang-ho « signe un drame qui évoque les années du boom économique et les outrances d’une société obsédée par la réussite », à travers la « quête d’un fils dans les méandres de son passé et de celui de la Corée ».
Pour France Info, le cinéaste « continue d’explorer les travers moraux humains dans une ambiance beaucoup plus réaliste » avec un « thriller intimiste sur la beauté » qui traite du « conformisme social et [de] la haine, dans une Corée du Sud en plein essor industriel », porté par sa « réalisation minutieuse et très immersive ». Pour Midi Libre, Yeon Sang-ho Yeon rappelle « le procédé narratif de Rashōmon d’Akira Kurosawa » et « questionne la différence entre le souvenir et le on-dit ».
Libération est moins convaincu par le résultat final et regrette « une intrigue chargée de pathos », qui en oublie de « donner la parole à la victime » et devient « trop caricatural ».
Le Nouvel Obs fait le même constat et estime que « le thriller sud-coréen se perd dans sa trop grande complexité et peine à séduire », malgré une réalisation « tranchante ». Réponse dans les salles dès le 29 juillet.