Le nouveau film de Zach Cregger propose une vision surprenante de la célèbre saga de jeu-vidéo, entre horreur et comédie absurde.
Introduction
Après le phénomène Obsession, Resident Evil va-t-il être le nouveau film d’horreur à ne pas manquer ces prochaines semaines ? Réalisé par l’un des nouveaux maîtres du genre, le long-métrage adapte l’une des franchises les plus cultes du genre vidéoludique, Resident Evil.
Sous l’impulsion du cinéaste Zach Cregger (Barbare en 2022 et Évanouis en 2025), la saga connait un renouveau surprenant sur grand écran, avec une approche originale, entre l’horreur absolu et l’absurde. Un pari osé pour Resident Evil ?

Le film part d’un postulat simple : un coursier hospitalier est chargé un soir d’apporter un colis important et sensible à l’hôpital de Raccoon City.
Sur le chemin, enneigé et en pleine forêt, il rencontre des événements étranges et fait face à des personnes infectées. Tout en essayant de survivre, il tente de rejoindre l’hôpital de la ville par tous les moyens pour mener à bien sa mission.
Un mécanisme de jeu ?
Zach Cregger s’attaque à un genre difficile au cinéma : l’adaptation d’un jeu vidéo. Si Christophe Gans et ses Silent Hill ont réussi à se démarquer sur grand écran, ils ne sont pas nombreux à faire office aujourd’hui de références. Pour Resident Evil, le réalisateur arrive à trouver le juste équilibre entre le film automne et le long-métrage conscient de son origine. À travers la mise en scène, la construction des décors et les événements narratifs rencontrés par le protagoniste, Resident Evil adopte un mécanisme de jeu vidéo. Le personnage est bloqué par certains éléments, contraint de prendre un chemin particulier pour espérer se sortir de la situation, tout en devant gérer son matériel, sa santé et son stock de munition. À mesure que l’horreur progresse et que les infectés sont de plus en plus nombreux, le jeune coursier devient plus habile, comme si son expérience le faisait monter de niveau.
Zach Cregger n’en oublie pas pour autant le langage cinématographique et conserve ce qui a fait la force de ses deux précédents films entre une réalisation inventive et la photographie sublime du film, surtout lors du premier acte. Film court (un peu plus d’1h30), Resident Evil va d’un point A à un point B sans digression et fait preuve d’une efficacité immédiate.

Une comédie horrifique
On ne pensait pas écrire ces lignes en sortant d’un Resident Evil mais force est de constater que le long-métrage de Zach Cregger est très surprenant concernant son ton. Si l’horreur et le gore sont bien présents — avec des moments rappelant la folie et l’hémoglobine des jeux —, le film joue également la carte de l’humour et de l’absurde. Le personnage principal, incarné par le jeune Austin Abrams, y est pour beaucoup. Face aux événements de plus en plus improbables qu’il rencontre, le coursier adopte une posture de désespoir comique, multipliant les injures, les cris et les chutes, avec une approche du jeu corporelle aussi absurde qu’humoristique.
On s’amuse autant que l’on sursaute devant ce Resident Evil, comme cela pouvait être le cas devant les scènes les plus grotesques — volontairement — de Barbare ou Évanouis. Ce postulat fera assurément débat au sein des fans de la franchise mais le cinéaste a un vrai point de vue, une approche authentique et fait des choix délibérés. Resident Evil n’est pas un film générique, il se démarque.
Avec son ambiance urbaine et sa ville dévastée, Resident Evil laisse de côté les aspects gothiques et surnaturels de certains opus de la franchise pour faire parfois penser à Silent Hill. Une approche qui peut décevoir — où sont les manoirs effrayants aux couloirs interminables ?—, tout comme l’envie de Zach Cregger de mélanger le gore à la farce pour cette adaptation.
Néanmoins, le récit jusqu’au-boutiste et plusieurs scènes très inspirées font du film une belle proposition de genre. Resident Evil se différencie et s’impose, rappelant la surprise que peuvent avoir les joueurs quand ils débutent un des nombreux jeux, libres de les amener dans de toutes nouvelles directions. En cela, Zach Cregger a probablement saisi l’essence de la saga.