Plutôt bien accueilli par la critique, La chaleur séduit surtout par sa tension sensorielle, son regard sur l’adolescence et la présence de ses jeunes acteurs.
Introduction
Après L’inconnu de la grande arche (2025), Stéphane Demoustier change de décor. Son nouveau film, La chaleur, arrive au cinéma ce 8 juillet. Adapté du roman éponyme de Victor Jestin, publié en 2019, ce thriller déplace la fièvre adolescente sur les plages des Landes, dans un camping écrasé par une chaleur presque irréelle.
Marouane, 17 ans, y passe ses derniers jours de vacances avec sa famille. Introverti, mal à l’aise dans son corps, il observe plus qu’il ne participe. Autour de lui, les autres adolescents se jettent dans les vagues, flirtent, boivent. Puis une altercation nocturne tourne mal et un garçon meurt. Marouane enterre le corps dans le sable et tente de continuer la journée suivante comme si rien n’avait eu lieu. L’angoisse criminelle se double bientôt d’un trouble amoureux : Giulia, jeune Italienne inaccessible, semble s’intéresser à lui.
Comment est accueilli le film ?
La presse accueille plutôt La chaleur comme une réussite. Le Point lui attribue quatre étoiles et y voit « la description minutieuse des 24 heures sous tension qui suivent ce basculement dans la culpabilité ». Le magazine salue « un film vertigineux » porté par « les grandes qualités de mise en scène de Stéphane Demoustier ».

Même enthousiasme du côté de Télérama, qui parle d’une « chronique adolescente singulière où la mort s’invite à la plage » et qualifie le film de « sensoriel et suffocant ». Le Monde loue une œuvre où l’adolescence « a rarement été aussi simplement filmée ».
France Info insiste sur cette jeunesse prise dans les injonctions du corps et du groupe. Marouane refuse d’exhiber, de séduire, de jouer les codes. Le film ferait ainsi de la plage non pas un lieu de liberté mais une arène.
Que valent les acteurs et la mise en scène ?
Le casting, composé de jeunes visages, fait partie des points les plus remarqués. Hadrien Hussein incarne Marouane tandis que Tristan Richard joue Noé et Martina La Manna, Giulia. Télérama évoque « de nouvelles têtes prometteuses » et distingue particulièrement Noé, « facétieux mais plus désespéré et romantique » qu’il n’y paraît.
France Info relève « la présence monolithique d’Hadrien Hussein – visage et corps verrouillés » et salue aussi Tristan Richard,« avec une grande justesse ». Côté mise en scène, le film est souvent décrit comme une expérience physique. Le média parle d’une « lumière saturée », de « gros plans sur les corps et les visages ».
Quelles réserves émergent ?
Libération se montre plus réservé et voit dans La chaleur « un thriller peu inspiré ». Le quotidien reproche au film de reposer« entièrement sur ce suspense primaire », résumé à la question de savoir si Marouane va être découvert ou se dénoncer. Le journal pointe aussi des personnages secondaires jugés trop schématiques –« parents caricaturaux », « jolie fille »,« pote faire-valoir très bavard » – et y voit « un courant de malaise poisseux » qui finit par tourner à vide.