Critique

Caboche : c’est quoi cette BD événement inspiré du roi Arthur ?

04 juin 2026

Par Robin Negre

Illustration
“Caboche”. ©Morgen

Les artistes Laxxx et Azéo interprètent à leur façon la légende d’Excalibur, dans un récit totalement loufoque au style graphique détonnant.

Introduction

Après Train de nuit dans la Voie lactée, Terre ou Lune, ou encore Nocturnos, les éditions Morgen proposent une nouvelle bande dessinée, à découvrir en librairie à partir du 3 juin 2026.

Écrite par Azéo et dessinée par Laxxx, Caboche revisite la légende du roi Arthur à sa façon, en partant du postulat mythique entourant Excalibur. L’album, totalement libre et surprenant dans sa construction, est un habile mélange d’humour, d’aventure et de mythologie.

Prota est un illuminé. Simplement habillé d’un slip, un casque étrange vissé sur sa tête, il s’est emparé de l’épée légendaire plantée dans le rocher, qui destine celui ou celle qui la retire à devenir roi. Seulement, Prota n’est pas reparti avec l’épée en main, mais avec le rocher qui contient encore l’arme.

Son but est simple : mettre la main sur un artefact légendaire, le Saint-Bol, pour qu’on lui enlève enfin ce casque qui dissimule son visage. Sur sa route, il fait la rencontre d’une jeune fille mi-morte mi-vivante et évolue sans trop savoir quel chemin prendre.

À partir de 24,90€

En stock

Acheter sur Fnac.com

Voyage immédiat

Caboche commence sans aucune forme de contexte. Il n’y a pas d’exposition, pas de description. Le récit commence par une situation, par un personnage inconnu dans un monde étrange. L’histoire est brute, instantanée et plonge le lecteur dans un voyage totalement déjanté.

Si le mécanisme peut dérouter, Laxxx et Azéo utilisent d’emblée des archétypes identifiables – le héros, la sidekick, l’antagoniste, la quête – pour permettre au lecteur de saisir instantanément le status quo. Dès lors, Caboche devient une aventure initiatique rythmée, exaltante, qui a le sens qu’on souhaite lui donner.

Car tout n’est pas clair ou logique dans ce Caboche ! Volontairement, les artistes brouillent les pistes, à commencer par le protagoniste surprenant, Prota. Imprévisible, allant à toute allure, il avance sans demander la permission et sans se soucier des autres.

Le caractère du héros infuse la narration, également imprévisible, avec un découpage graphique libre et débridé, émancipé des attentes que l’on pourrait avoir. L’enchaînement des pages n’est pas toujours simple à comprendre ou à distinguer, mais le chaos rythmique emporte tout sur son passage. Il suffit de se laisser porter par l’ambiance.

Références et hommages

Si ce premier tome de Caboche puise dans la légende arthurienne – entre Excalibur, la présence d’un roi et d’un objet mythique à aller trouver – la bande dessinée regorge également de références évidentes à d’autres œuvres.

Par son univers où règne le plus fort, Caboche rappelle Mad Max. Par la force titanesque de son protagoniste, il invoque Berserk et Dragon Ball. Dans le style graphique totalement fou de Laxxx, on voit un subtil mélange de BD franco-belge, de manga et de comics, lorgnant vers les concepts d’Hans Ruedi Giger (Alien). Les références sont perceptibles, mais les deux artistes sont toujours dans la proposition originale pour faire de Caboche une œuvre indépendante, qui se suffit à elle-même.

À partir de 32€

En stock

Acheter sur Fnac.com

Caboche : première partie ne peut pas laisser indifférent. Sortant instantanément le lecteur de sa zone de confort, le titre propose une dissonance réjouissante. Par son humour et son langage, par les symboles mythologiques, par l’apparence et le comportement de ses protagonistes, la BD est unique en son genre.

La légende arthurienne est le socle qui permet à l’œuvre de se développer, avant qu’elle ne vole de ses propres ailes.

À lire aussi

Article rédigé par