Charlie Polinger signe avec The Plague un thriller psychologique réussi sur fond de récit adolescent. Avec ce film, le réalisateur propose un premier essai convaincant, à découvrir dans les cinémas français le 3 juin 2026.
Introduction
Les propositions horrifiques et effrayantes sont nombreuses en ce moment au cinéma. Si Obsession est en train de conquérir le box-office, Colony signe le retour du réalisateur du Dernier train pour Busan (2016). Mais c’est bien de The Plague, long-métrage réalisé par Charlie Polinger, dont il faut aujourd’hui parler.
Le film, présenté à Un certain regard au Festival de Cannes, suit Ben (Everett Blunck), un jeune garçon de 12 ans qui vient de rejoindre un camp de water-polo pour garçons. L’un d’entre eux est cependant marginalisé, la rumeur voulant qu’Eli (Kenny Rasmussen) ait attrapé la peste. Mais, quand Ben refuse d’y croire, les frontières de la réalité se brouillent. La peste serait-elle finalement contagieuse ?
Entre récit d’apprentissage et thriller psychologique
Pour son premier long-métrage, Charlie Polinger présente un récit d’apprentissage inédit, plonge dans les codes du thriller psychologique pour analyser le harcèlement scolaire, ses conséquences ou encore une certaine forme de masculinité. Car, bien que l’on suive un groupe d’adolescents, difficile de ne pas voir certaines dynamiques masculinistes se mettre en place dans ce petit camp de water-polo.
Bien que la démonstration thématique soit évidente, l’angoisse austère du centre, la mise en scène viscérale du réalisateur ou encore le rythme du long-métrage en font un thriller psychologique grandement réussi. Rappelant à nos mémoires des films tels que It Follows (2014) ou Hérédité (2018) – malgré un effroi moins prononcé – The Plague s’inscrit largement dans les propositions indépendantes américaines malaisantes qui cultivent une forme de soft body horror.
Ainsi, le corps et la puberté des jeunes garçons deviennent non seulement un argument scénaristique, mais aussi un outil de mise en scène. Gêne, dégoût et peine se mélangent, et provoquent une angoisse particulière.
Un premier essai convaincant ?
Charlie Polinger serait-il le nouveau maître du thriller psychologique ? Pour son premier long-métrage diffusé en France, le réalisateur n’a en tout cas rien à envier à des cinéastes comme Ari Aster, Curry Barker ou Kristoffer Borgli. Si le film est d’une envergure moindre du fait du huis clos, le cinéaste trouve le moyen de se renouveler de séquence en séquence, en utilisant, par ailleurs, l’eau comme un véritable élément effrayant, presque asphyxiant.
Tant dans ses thématiques que dans sa mise en scène, Charlie Polinger est parvenu à offrir un thriller psychologique aussi haletant que dérangeant. En dynamitant le récit d’apprentissage, le cinéaste propose une œuvre singulière, à hauteur d’enfants, et interroge profondément les mécanismes du harcèlement scolaire, les dynamiques de groupe, l’immobilisme des adultes – personnifiés par Joel Edgerton – ou la masculinité et de la cruauté infantile
Le fond comme la forme se rejoignent dans une proposition cinématographique réussie qui signe les débuts prometteurs d’un nouveau maître de l’horreur. En comparant la pré-adolescence à un véritable parcours du combattant, et en s’éloignant de la traditionnelle comédie, Charlie Polinger offre avec The Plague un film intense et symbolique, à découvrir dès le 3 juin dans les salles de cinéma françaises.