Hanna Bergholm transforme les angoisses de la parentalité en fable horrifique. Une proposition qui séduit par son audace, tout en divisant sur sa maîtrise et sa subtilité.
Introduction
Après Egō, son inquiétant premier long métrage, la Finlandaise Hanna Bergholm replonge dans l’horreur corporelle avec Nightborn, coécrit avec Ilja Rautsi. Présenté en compétition à la Berlinale, le film arrive dans les salles françaises le 22 juillet. D’une durée de 1h30 et interdit aux moins de 12 ans, il réunit Seidi Haarla, véritable centre du récit, Rupert Grint et Pamela Tola.
Quel cauchemar attend ces jeunes parents ?
Saga et son mari britannique Jon s’installent dans une maison isolée, au cœur de la forêt finlandaise, avec l’espoir d’y fonder une famille. Dès la naissance de leur fils, la jeune mère pressent que quelque chose ne va pas. Son entourage attribue ses craintes à l’épuisement et au désarroi post-partum, tandis que le comportement du nourrisson devient toujours plus inquiétant.

Les premiers retours saluent la manière dont Bergholm transforme les difficultés de la maternité en spectacle grotesque. Télérama évoque « un authentique film de genre doublé d’un propos sur la maternité » et souligne la présence de la « formidable Seidi Haarla ». « Le film ne fait pas le pari de la subtilité, mais a le mérite d’offrir du spectacle », ajoute de son côté Le Polyester.
The Hollywood Reporter juge le film « à la fois éprouvant pour l’estomac et stimulant pour la réflexion », voyant dans ses excès une version amplifiée des épreuves vécues par de jeunes parents. Deadline estime que « Bergholm s’amuse beaucoup avec tous ces éléments ».
Quelles limites ?
L’enthousiasme reste mesuré face à une narration jugée prévisible. Slant Magazine estime que « le film nous réserve peu de surprises », même s’il apprécie son absence de prétention. Plus sévère, The Guardian le trouve « beaucoup moins intéressant et original qu’Egō » : le folklore lui paraît convenu, la comédie noire peu mordante et la créature numérique insuffisamment crédible.

« Trop brouillon, trop confus, pas assez travaillé », tranche le site Avoir-Alire, qui reproche au film d’exposer trop directement sa créature et ses mécanismes, au détriment du doute et du frisson.