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Test de la Huawei Watch D3, la montre qui veut faire oublier le tensiomètre

10 octobre 2026

Par Sofian Nouira

Illustration
©Huawei

Deux ans après la Watch D2, Huawei remet le couvert avec une nouvelle version de sa montre-tensiomètre. Au programme de cette troisième génération, on trouve un boîtier aminci, un ECG enrichi et un suivi ambulatoire sur 24 heures. Voyons ensemble si ces nouveautés valent le détour.

En résumé

Au final, la Watch D3 réussit sa mue physique et son pari fonctionnel. Plus fine, plus légère, dotée d’un suivi ambulatoire sur 24 heures aligné sur les protocoles médicaux européens, elle n’a pas d’équivalent évident dans sa catégorie. Si votre priorité est de surveiller votre tension au quotidien avec l’aval de votre médecin, la D3 est l’un des rares appareils à proposer ce service au poignet. Logiquement, si vous cherchez avant tout une montre sportive ou lifestyle, son tarif et ses contraintes logicielles vous orienteront vers des modèles plus classiques.

Les plus et les moins
  • Le suivi tensionnel ambulatoire sur 24 heures, conforme aux recommandations européennes
  • Le boîtier aminci de 2 mm et le bracelet allégé par rapport à la D2
  • L'écran très lumineux, avec 3 150 cd/m² relevés en pic
  • La charge rapide, avec 50 % récupérés en 16 minutes
  • La précision tensionnelle en retrait face à un brassard de référence
  • L'installation de l'application par APK sur Android
  • L'autonomie réduite à une journée en suivi ambulatoire

Introduction

La mesure de la pression artérielle au poignet reste un terrain que très peu de constructeurs osent occuper sérieusement. Huawei s’y accroche, lui, depuis plusieurs années, et la Watch D3 prolonge le travail entamé avec la Watch D2, sortie deux ans auparavant. Le principe fondateur de cette montre connectée n’a pas bougé. Un microcompresseur gonfle un coussin d’air logé dans le bracelet, exactement comme le brassard d’un tensiomètre médical, et la montre en tire une mesure dont la fonction est certifiée CE-MDR, le cadre réglementaire européen des dispositifs médicaux.

Sur le papier, la fiche technique coche les cases attendues d’une montre connectée de 2026. Écran AMOLED de 1,92 pouce (environ 4,9 cm de diagonale), boîtier en alliage d’aluminium, HarmonyOS aux commandes, plus de 100 modes sportifs, GPS, NFC et six jours d’autonomie annoncés en usage courant. Le tout dans un châssis de 11,3 mm d’épaisseur, un chiffre qui a son importance pour un appareil qui dissimule une pompe et un capteur de pression.

Le design et l’ergonomie

Le reproche principal adressé à la Watch D2 tenait à son embonpoint, et Huawei a manifestement entendu le message. Le boîtier de la D3 mesure 46,5×41 mm pour 11,3 mm d’épaisseur hors capteur, soit 2 mm de moins que son prédécesseur et ses 13,3 mm. La cure touche aussi le bracelet, qui perd 7,5 g et passe de 26,5 à 25,5 mm de large. Sur la balance, le boîtier seul affiche 40 g, et l’ensemble monté grimpe à 76 g. Ce n’est pas un poids plume, mais pour une montre qui embarque un brassard gonflable complet, le résultat reste contenu.

La boîte contient deux tailles de bracelets, une version M pour les poignets de 13 à 16 cm et une version L pour ceux de 16,1 à 21 cm, accompagnées d’une réglette de mesure. Le détail n’a rien d’anecdotique, car la précision de la mesure tensionnelle se dégrade en dehors de cette plage de tours de poignet. Trois coloris sont proposés, Mocha Gold, Gold et Black, associés à des bracelets en cuir composite sable ou blanc, ou en caoutchouc HNBR noir.

Côté résistance, la montre est certifiée IP68. Notez cependant que Huawei la déconseille formellement pour la natation comme pour la douche, et que les dommages liés aux liquides ne sont pas couverts par la garantie de 24 mois. Une certification qui rassure sur les éclaboussures du quotidien, donc, mais rien de plus.

L’écran

La dalle AMOLED gagne du terrain par rapport à la D2 et passe de 1,82 à 1,92 pouce, avec une définition de 408×480 pixels pour une densité de 328 ppp. Huawei annonce une luminosité de pointe de 3 000 cd/m². À l’usage, on constate effectivement que la lisibilité ne pose aucun problème, même lors d’une journée ensoleillée. En réglage manuel, le plafond redescend à 582 cd/m², et la dalle sait se faire discrète dans l’obscurité en tombant à 5,34 cd/m².

Notez tout de même que l’écran module son intensité par PWM à 60 Hz, une fréquence de scintillement très basse qui peut provoquer une fatigue oculaire chez les personnes les plus sensibles, mais qui ne devrait pas gêner la grande majorité des utilisateurs. Toutefois, sur une montre pensée pour être consultée des dizaines de fois par jour, y compris la nuit lors des mesures ambulatoires, mieux vaut le savoir si vous faites partie de la petite minorité à être sensible à ce genre de scintillements.

La tension au poignet

C’est évidemment ici que la Watch D3 se différencie de toutes les autres propositions du marché. La grande nouveauté de cette génération, c’est la surveillance ambulatoire sur 24 heures, calquée sur les recommandations de la Société européenne d’hypertension. Au quotidien, cela se traduit par un déclenchement d’une mesure toutes les 15 à 30 minutes, avec un seuil d’au moins 70 % de mesures réussies, un minimum de 20 relevés diurnes et de 7 relevés nocturnes. Il s’agit là du protocole des holters tensionnels prescrits en cabinet, transposé au poignet. La D3 ajoute également un mode de mesure avant et après l’effort, pour la course, la marche et le vélo, ainsi qu’une analyse des arythmies par onde de pouls et un ECG battement par battement. Des fonctions absentes de la D2 évidemment.

Qu’en est-il de la précision ? Nous l’avons comparée avec un tensiomètre à brassard Omron M3 Comfort. La Watch D3 a affiché en moyenne 7 points de moins sur la systolique et 6 points de moins sur la diastolique. Force est de constater que l’on n’est pas tout à fait aligné sur la norme médicale, qui exige un écart moyen contenu dans les 5 mmHg. Cependant, l’écart reste acceptable de notre point de vue pour un tel appareil. De plus, rappelons que la Watch D2 avait, elle, satisfait à la norme universelle AAMI/ESH/ISO dans une étude indépendante publiée en 2025 dans Hypertension Research. La D3 n’a pas encore fait l’objet d’une telle validation.

Huawei pose d’ailleurs aussi ses propres garde-fous. Le constructeur déconseille l’usage de la montre sans avis médical préalable aux personnes souffrant d’arythmies (fibrillation auriculaire comprise), d’artériosclérose, de diabète ou de maladie rénale, ainsi qu’aux femmes enceintes. Vous l’aurez compris, la D3 se positionne comme un outil de suivi, pas comme un substitut au cabinet médical.

La santé et le sport au quotidien

Au-delà de la tension, la montre propose un mode Health Glance qui dresse en quelques instants un bilan de santé en 11 points. L’ECG, monocanal avec une mesure de 30 secondes, permet d’exporter ses résultats en PDF, un format pratique à transmettre à son médecin. Une fonction Health Community autorise par ailleurs le partage des données de tension, de fréquence cardiaque, de pas et de sommeil avec des membres de la famille, de quoi suivre à distance un parent âgé par exemple.

Côté sport, les plus de 100 modes d’entraînement couvrent large, et le GPS intégré s’est montré sérieux lors de notre test. Face à une Garmin Venu 2 de référence, l’écart de distance mesuré sur un parcours s’est limité à 60 mètres, soit environ 0,6 %. Amusant détail, le GPS ne figure même pas sur la fiche technique officielle de Huawei, alors qu’il fonctionne parfaitement. Le haut-parleur et le microphone intégrés permettent les appels mains libres en Bluetooth, et l’assistant vocal Celia répond à un appui long sur le bouton inférieur. En revanche, pas de dictée vocale pour répondre aux messages, là où certains concurrents la proposent.

L’autonomie et la recharge

La batterie de 540 mAh promet six jours d’autonomie en usage typique, une valeur honorable pour une montre de ce gabarit. Néanmoins, si vous décidez d’utiliser à fond les fonctions phares de l’appareil, ce n’est plus la même chanson. Dès que la surveillance tensionnelle ambulatoire sur 24 heures entre en jeu, l’autonomie fond alors à une seule journée. C’est évidemment le prix à payer pour un brassard qui se gonfle toutes les 15 à 30 minutes, jour et nuit, mais mieux vaut le savoir avant de programmer un suivi sur plusieurs jours.

La recharge passe par un berceau propriétaire sans fil relié en USB-C. Comptez environ 75 minutes pour une charge complète, mais la montée en charge initiale est rapide puisque 16 minutes suffisent pour récupérer 50 %. De quoi relancer la machine pendant la douche du matin, que la montre ne doit de toute façon pas accompagner.

L’écosystème logiciel

Sans surprise pour une montre Huawei, HarmonyOS anime l’ensemble. Il se révèle compatible à la fois avec les iPhone (iOS et versions supérieures) et Android (version 8.0 et supérieur). Dans ce dernier cas de figure, on peste toujours contre l’absence de l’application Huawei Health du Google Play Store. Il faut donc passer par un APK téléchargé à l’aide d’un QR code. Une manipulation qui n’a rien de compliqué, mais qui rebutera les moins technophiles, surtout pour le public senior (a priori) ciblé par une montre-tensiomètre.

Quant aux paiements sans contact, ils fonctionnent par le biais de la plateforme Curve. La navigation Petal Maps reste quant à elle réservée aux appareils Huawei, et les utilisateurs d’iPhone doivent composer avec des limitations fonctionnelles supplémentaires.

Conclusion

Au final, la Watch D3 réussit sa mue physique et son pari fonctionnel. Plus fine, plus légère, dotée d’un suivi ambulatoire sur 24 heures aligné sur les protocoles médicaux européens, elle n’a pas d’équivalent évident dans sa catégorie. Si votre priorité est de surveiller votre tension au quotidien avec l’aval de votre médecin, la D3 est l’un des rares appareils à proposer ce service au poignet. Logiquement, si vous cherchez avant tout une montre sportive ou lifestyle, son tarif et ses contraintes logicielles vous orienteront vers des modèles plus classiques.

Article rédigé par

Journaliste

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