L’écrivain franco-algérien revient sur sa détention en Algérie et se réapproprie son histoire, à découvrir en librairie dès le 2 juin 2026.
Introduction
Deux ans après Vivre : le compte à rebours (Gallimard), l’écrivain emblématique Boualem Sansal est de retour en librairie avec un texte très personnel, intitulé La légende, publié aux éditions Grasset ce 2 juin 2026. Le lauréat du grand prix du roman de l’Académie française en 2015 pour 2084 : la fin du monde revient sur sa récente captivité en Algérie et sa libération.
En 2024, Boualem Sansal est arrêté à la sortie d’un avion à Alger et placé sous mandat de dépôt dans une unité pénitentiaire. Une procédure judiciaire est ouverte pour « atteinte à l’unité nationale », pour des déclarations faites dans la presse concernant le Maroc et la colonisation de l’Algérie. L’affaire fait grand bruit, surtout lorsque l’avocat de Boualem Sansal ne parvient pas à se rendre à Alger, faute de visa accordé. L’écrivain se défend seul à son procès et évoque la liberté d’expression. Condamné en première instance et en appel à cinq ans de prison ferme, Boualem Sansal est gracié et libéré par le président Abdelmadjid Tebboune en novembre 2025.
Le livre La légende revient sur cette épreuve, mais aussi sur l’appropriation de son histoire par le public, la presse et les différents groupes politiques. Boualem Sansal reprend son récit, retrouve sa propre voix et exprime sa vérité et son ressenti dans ce livre authentique et personnel.
La légende a une place particulière dans la bibliographie de l’écrivain, d’autant plus qu’il quitte sa maison d’édition traditionnelle, Gallimard, pour rejoindre Grasset.
La polémique autour de Grasset
Lors d’une interview exclusive donnée à France Inter, l’écrivain est ainsi revenu sur la polémique entourant la maison d’édition Grasset. Le 14 avril dernier, Olivier Nora, patron des éditions Grasset depuis l’an 2000 est limogé sur demande de Vincent Bolloré, nouveau propriétaire d’Hachette Livre (dont Grasset est une filiale) depuis 2023.
Dans la foulée de ce licenciement, plusieurs auteurs, dont Sorj Chalandon, Bernard-Henri Lévy, Vanessa Springora ou encore Virginie Despentes et Gaël Faye ont fait savoir leur inquiétude concernant de la direction prise par Vincent Bolloré pour le groupe, à l’image de la tribune signée par les acteurs et actrices contre Canal+ pendant le Festival de Cannes.
Boualem Sansal est ainsi revenu sur cette affaire, et avoue ne pas comprendre cet élan soudain. « Ils savent que Bolloré est patron de Grasset depuis quatre ans. Pourquoi ils ne sont pas partis il y a quatre ans ? Pourquoi maintenant ? » questionne ainsi l’écrivain au micro de France Inter.
Concernant l’éviction d’Olivier Nora, l’auteur partage aussi son scepticisme : « Est-ce que je vais remettre ma vie comme écrivain à la présence de Nora chez Grasset ? Non. C’est normal, l’entreprise change de patron, pourquoi pas. Cela aurait pu être quelqu’un d’autre… ça m’a interpellé ». Boualem Sansal a rejoint le groupe Grasset il y a peu, après avoir décidé de quitter Gallimard pour des raisons politiques, techniques et financières. La légende est donc attendu aux éditions Grasset dès le 2 juin, et Boualem Sansal ne cache pas l’avance exceptionnelle qu’il aurait reçu de la part du groupe : 1 million d’euros.