Le jeu de combat fait partie de ces genres qui traversent les générations en se réinventant sans cesse, tout en conservant une base commune : des combattants, un espace de jeu fermé et la maîtrise du timing comme clé de la victoire. Depuis les bornes d’arcade jusqu’aux scènes compétitives actuelles, il a vu naître des approches très différentes, entre technicité extrême, accessibilité immédiate ou mise en scène spectaculaire.
Introduction
À l’occasion de la sortie d’Invincible VS, qui s’inscrit dans la lignée des adaptations ambitieuses de licences en jeu de combat, il nous a semblé intéressant de revenir sur les œuvres qui ont façonné ce genre depuis des décennies en évoquant des titres qui ont marqué leur époque par leur gameplay, leur influence ou leur manière d’aborder le versus fighting.
| Street Fighter II
Après un premier opus assez rudimentaire, Street Fighter II marque un véritable tournant pour le jeu vidéo de combat à sa sortie en 1991. Il pose ainsi des bases claires, mais particulièrement efficaces : des personnages aux styles bien distincts, des coups spéciaux accessibles par des manipulations bien précises, et surtout des affrontements en un contre un structurés autour de la lecture du jeu adverse. Chaque combattant impose un rythme différent, ce qui pousse les joueurs et les joueuses à comprendre les capacités des combattants plutôt qu’à simplement exécuter des enchaînements.

Le deuxième titre de la licence culte formalise aussi des notions devenues centrales dans le versus fighting, à l’image du zoning, des priorités de coups ou de la gestion de l’espace, et vient ainsi introduire une certaine rigueur dans le timing, avec des fenêtres d’action qui demandent précision et anticipation à mesure que la communauté progresse. Et, au-delà même de son système, le jeu a largement contribué à populariser le genre en arcade, notamment grâce à la confrontation directe entre joueurs. Une véritable révolution !
| Mortal Kombat II
Paru en 1993, Mortal Kombat II voit son système de combat gagner en précision, avec des contrôles plus réactifs et une palette de coups élargie, permettant de mieux différencier les personnages. Le jeu introduit aussi une gestion plus marquée des enchaînements, avec des combos qui commencent à s’inscrire naturellement dans les combats. Le joueur doit alors composer avec la portée des coups, les ouvertures et la capacité à punir une erreur adverse.

Mais, là où Mortal Kombat II va plus loin que les autres titres du genre, c’est dans sa mise en scène et son ambiance, qui participent à définir son identité. Les célèbres Fatalities, plus nombreuses et plus détaillées, ne sont pas seulement des éléments spectaculaires : elles deviennent une récompense liée à la maîtrise du jeu et à la connaissance des manipulations.
| Tekken 3
Dès sa commercialisation, Tekken 3 s’impose comme une évolution marquante du jeu de combat en 3D, et vient alors affiner considérablement les déplacements et la réactivité des combats. L’ajout de la possibilité d’esquiver latéralement de manière plus fluide donne une nouvelle dimension au positionnement, en permettant d’éviter certaines attaques plutôt que de simplement les bloquer. De même, le système de jeu, qui voit chaque bouton correspondre à un membre du corps, rend les enchaînements plus intuitifs, tout en conservant une vraie exigence dans leur exécution.

Cet opus accélère aussi le rythme général, avec des animations plus courtes et des transitions plus naturelles entre les coups, et introduit également de nouveaux types de personnages, comme Eddy Gordo et son style inspiré de la capoeira, qui apportent une variété assez inédite dans l’approche des affrontements. Une diversité qui poussera indubitablement les joueurs et les joueuses à apprendre et à reconnaitre les schémas adverses afin de pouvoir constamment s’adapter aux situations.
| The King of Fighters ‘98
Paru initialement en 1998, The King of Fighters ‘98 est généralement considéré comme l’épisode le plus abouti de la licence. Il rassemble un large casting issu des précédents KOF, en supprimant le scénario pour se concentrer uniquement sur l’équilibrage et le gameplay. Le système repose sur des équipes de trois personnages, avec des combats en un contre un qui s’enchaînent jusqu’à la victoire ou la défaite complète d’une équipe.

Une structure qui impose ainsi une réflexion stratégique en amont : le choix des combattants et leur ordre deviennent aussi importants que l’exécution en combat. Le gameplay met aussi l’accent sur un équilibre entre offensive et défensive, avec des mécaniques comme l’esquive rapide, les contre-attaques et la gestion d’une jauge de pouvoir.
| Marvel VS. Capcom 2
Avec ses combats en équipes de trois, offrant aussi la possibilité d’appeler une assistance à tout moment, Marvel VS. Capcom 2 transforme profondément la dynamique des combats, en introduisant une gestion simultanée de l’espace, du timing et des synergies entre combattants. La boucle de gameplay en profite alors pour favoriser des enchaînements très libres, où les combos peuvent s’étendre sur plusieurs personnages grâce aux changements à la volée, donnant naissance à un style de jeu encore plus spectaculaire et exigeant… avec un très large casting de personnages mêlant des héros naturellement issus des univers de Capcom et de Marvel.

Mais cette œuvre se distingue également par son rythme rapide et son approche volontairement débridée, loin d’un certain réalisme. Les projectiles envahissent l’écran et les déplacements sont plus aériens, participant ainsi à renouveler le genre en proposant une lecture plus chaotique, mais aussi plus stratégique qu’il n’y paraît.
| Super Smash Bros. Melee
Paru en 2001 sur Game Cube, Super Smash Bros. Melee vient affiner la formule du premier épisode. Là où la plupart des jeux de combat reposent sur des barres de vie, il conserve ainsi son système de pourcentage, tout en accélérant nettement le rythme par rapport à son prédécesseur, avec des déplacements plus rapides et des enchaînements encore plus libres. Des ajustements qui vont d’ailleurs laisser émerger des techniques iconiques de la licence, telles que le Wavedash ou le L-Cancel, et désormais centrales dans le monde du jeu compétitif.

Le titre se distingue aussi par son accessibilité immédiate : peu de commandes complexes, un casting familier issu de l’univers Nintendo et un chaos lisible, même à plusieurs. Enfin, cet épisode vient brouiller les frontières entre jeu de combat traditionnel et party game, en ne cherchant pas à reproduire les standards du versus fighting, mais en proposant plutôt une alternative crédible, centrée sur le mouvement et l’interaction avec le décor. Plus de 20 ans après sa sortie, il reste un cas à part dans le genre, autant pour son gameplay que pour la communauté qui continue de le faire vivre.
| SoulCalibur II
S’inscrivant dans la continuité du premier épisode, SoulCalibur II place à nouveau les armes au cœur du gameplay, influençant ainsi directement les distances d’engagement et la gestion de l’espace par rapport aux jeux de combats centrés sur les poings et les pieds. Le système est relativement simple à prendre en main, mais donne tout de même une place importante aux déplacements, notamment grâce aux esquives latérales qui permettent de contourner les attaques et de créer des ouvertures.

SoulCalibur II introduit aussi une fluidité plus prononcée dans les échanges, rendant les combats très dynamiques, tout en conservant une vraie importance du timing. Les armes allongent les portées et accentuent les différences entre les personnages, chacun ayant un style très marqué. Une diversité qui oblige donc le joueur à adapter sa stratégie en fonction de l’adversaire plutôt que de répéter les mêmes schémas.
| Virtua Fighter 5
Contrairement à d’autres titres notamment évoqués dans cette sélection, Virtua Fighter 5 privilégie une approche très épurée du jeu de combat. Ici, pas de projectiles ni d’effets spectaculaires : tout repose sur des échanges au corps-à-corps, où la lecture de l’adversaire et le timing priment sur la complexité des commandes. Le système reste fondé sur trois boutons principaux (poing, pied, garde), mais propose tout de même une grande variété de situations grâce aux directions et aux enchaînements. Chaque coup a une fonction précise, et les combats se construisent autour de la notion d’avantage et de désavantage après chaque action.

Cette approche minimaliste en apparence a contribué à définir une autre voie pour le jeu de combat 3D, en opposition à des titres plus spectaculaires. Elle a aussi influencé de nombreux systèmes de jeu par la précision de ses mécaniques et la cohérence de ses règles, qui en font une référence pour les joueurs cherchant une expérience centrée sur la maîtrise pure.
| Injustice 2
Le gameplay d’Injustice 2 reste assez proche de celui des Mortal Kombat récents, avec une importance accordée aux enchaînements, au zoning et à la gestion des ressources par la jauge de Super, chaque personnage disposant de capacités spécifiques liées à son identité. L’une des particularités du jeu tient dans l’utilisation de l’environnement. Les arènes ne sont pas de simples décors : elles offrent des interactions contextuelles qui peuvent servir d’outils offensifs ou défensifs, renforçant ainsi la dimension stratégique du jeu.

Injustice 2 introduit également un système d’équipement qui permet de modifier les statistiques et certaines capacités des personnages. Sans transformer complètement le cœur du gameplay, cette mécanique apporte une forme de personnalisation rarement vue dans le jeu de combat, brouillant légèrement la frontière avec les logiques de progression empruntées à d’autres genres, à l’image du RPG, notamment.
| Dragon Ball FighterZ
Œuvre la plus récente de cette sélection, Dragon Ball FighterZ n’en reste pas moins l’un des plus grands jeux de combat de la dernière décennie. Il s’appuie sur une formule en équipes de trois personnages et vient simplifier certaines manipulations, notamment pour les enchaînements et les attaques spéciales, afin de permettre une prise en main plus rapide. Mais rassurez-vous, cette accessibilité ne supprime pas pour autant la profondeur : la gestion des assistances, des changements de personnages et des ressources reste centrale dans les affrontements.

Avec son style plus moderne, le jeu profite de combos qui s’enchaînent de manière fluide, avec des transitions aériennes fréquentes, donnant à la formule une dimension très dynamique. Dragon Ball FighterZ se distingue aussi par sa capacité à traduire visuellement les codes de l’anime en gameplay : le parfait mélange entre un gameplay relativement exigeant et une direction artistique sublime et parfaitement retranscrite.
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