L’autrice emblématique spécialisée dans la Dark Romance propose une nouvelle saga avec Swan. Le livre est disponible en librairie depuis le 10 juin.
Introduction
Après Captive (Hlab éditions) et Lakestone (Hlab éditions), Sarah Rivens est de retour en librairie avec Swan (Hlab éditions), une nouvelle saga qui utilise ses thèmes de prédilections. Si l’efficacité de l’écriture et le plaisir de la lecture sont indéniables, le roman utilise trop souvent les clichés du genre pour ne pas y voir autre chose qu’un simple exercice de style.
Néanmoins, le livre se distingue par la connaissance évidente de l’autrice des genres de la dark et la new romance. Sarah Rivens les maîtrise à la perfection et parvient à les tordre à sa guise.
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Cléo, danseuse de 26 ans au caractère bien trempé et aux secrets enfouis, vient de perdre son logement. Grâce à une amie, elle rejoint une colocation idyllique dans une demeure splendide. L’un de ses nouveaux colocataires, Zachary, est l’héritier arrogant d’une famille fortunée. Imbu de sa personne, il tente de déchiffrer la personnalité de Cléo, qui souhaite rester la plus discrète possible. Face au jeune homme, elle n’en démord pas et lui tient tête. Va alors commencer un jeu du chat et de la souris, entre attirance et rejet.
Des personnages ambigus classiques ?
Sarah Rivens propose dans Swan de suivre la relation conflictuelle entre Cléo et Zachary. Écrit à la première personne, du point de vue de Cléo, le roman utilise tous les archétypes propres à ce genre d’histoire. Découverte des personnages et des lieux, romance ambiguë qui monte crescendo, secrets révélés aux protagonistes et au lecteur tout au long de l’histoire…
La formule est connue, la recette a fait ses preuves et le plaisir de lecture est instantané. Dès les premiers chapitres, le lecteur se prend au jeu et souhaite en connaître davantage sur Cléo afin de suivre au mieux sa relation tumultueuse avec Zachary. Efficace, sans aucun doute, mais Sarah Rivens utilise trop ces archétypes. Les personnages en deviennent interchangeables, clichés, et l’histoire déjà vue.
Si les deux protagonistes sont au cœur de l’intrigue, Swan est aussi (et avant tout ?) un livre d’ambiance. Sarah Rivens utilise beaucoup la nuit pour enrichir les situations et les événements vécus par les personnages. Entre la place de la boîte de nuit, l’appétence pour l’obscurité et la liberté offerte par le noir, le décorum du roman est probablement l’aspect le plus réjouissant du récit.
En soignant les décors et les lieux dans lesquels ils évoluent, l’autrice offre à ses protagonistes une certaine épaisseur. Ils ne sont plus seulement décrits par rapport à leur caractère, mais par rapport à la vie écrite autour d’eux, plus authentique et plus mystérieuse.
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Le mystère reste le maître-mot de Swan. Le passé des personnages est énigmatique, le contexte de départ est volontairement brumeux. Des petites touches qui créent une atmosphère et une ambiance. Swan en devient ludique. En plus de l’intrigue principale, on prend plaisir à imaginer une autre direction, à suivre tel ou tel personnage dans la nuit pour comprendre d’où il vient, à entrer dans une autre salle, à pénétrer dans la maison pour en saisir ses secrets.
Plus surprenant qu’il n’y paraît ?
Derrière les clichés utilisés consciemment – la figure de l’homme mystérieux continue d’être un trope très efficace –, Sarah Rivens arrive à concevoir une romance plus subtile qu’il n’y paraît. Les protagonistes sont simples, mais les rapports sont plus complexes, l’autrice délaissant la brutalité habituelle de la dark romance pour le secret et la tension implicite.
Swan ne cherche pas forcément à rebattre totalement les cartes de la new et dark romance, les archétypes utilisés étant trop profondément ancrés dans l’intrigue. Ceci dit, on sent que l’intention de Sarah Rivens est peut-être ailleurs. Plus psychologique dans les rapports humains et fouillé dans ses décors, le roman se découvre avec plaisir pour tout ce qu’il ne cherche pas à révéler à outrance. Comme des moments de vie qui n’auraient finalement pas besoin d’être explicités pour être vrais.