La frontière est parfois mince entre romance sombre et dark romance. Avec Swan, Sarah Rivens joue sur cette ambiguïté, en privilégiant les secrets et la défiance plutôt qu’une violence explicite.
Introduction
Sarah Rivens prolonge l’univers trouble qui a fait son succès. Le premier tome de sa nouvelle saga, Swan, paraît ce 10 juin en librairie après une sortie numérique le 28 mai, aux éditions BMR. Présenté par l’éditeur comme une « romance psychologique », le roman arrive dans le sillage de Lakestone et de Captive, deux phénomènes qui ont fait de l’autrice l’un des noms les plus suivis de la romance francophone.
Avec ce nouveau cycle, elle semble toutefois déplacer légèrement son curseur : moins vers la brutalité que vers le secret, la tension intime et les jeux de pouvoir souterrains.
De quoi parle Swan ?
Le récit suit Cléo, 26 ans, danseuse dans les clubs nocturnes de Manchester. Lorsqu’elle emménage dans une maison de Firswood pour un loyer presque irréel, elle ne sait pas encore qu’elle vient d’entrer dans l’orbite de Zachary, héritier arrogant et personnage entouré de secrets.
La mécanique romanesque repose sur une tension familière chez Rivens : deux êtres blessés, une attirance contrariée, des rapports de force, des non-dits et une menace. Swan ne se présente donc pas comme une romance lumineuse : il joue plutôt sur l’instabilité, la défiance et l’idée que le désir peut naître dans un espace inconfortable.
Est-ce vraiment une dark romance ?
La dark romance repose généralement sur des histoires d’amour traversées par la violence et une forme de noirceur, mais aussi, souvent, par la domination, le danger, l’emprise, la transgression. Les personnages y sont fréquemment moralement ambigus, voire toxiques, et le récit interroge les limites du consentement, du pouvoir et de la fascination. Autrement dit, le genre ne se limite pas à une atmosphère sombre : il suppose que la relation elle-même soit travaillée par un déséquilibre ou une menace.
La réponse mérite donc d’être nuancée. Swan paraît moins frontalement dark que Captive, où la protagoniste se retrouvait livrée à un système de « captives » et de « possesseurs », passant sous l’autorité d’Asher Scott, chef d’un réseau criminel. La romance naissait dans un cadre de domination, de peur et de contrainte explicite.
Dans Swan, la noirceur semble davantage psychologique que structurelle. Le choix de BMR de parler de « romance psychologique » n’est pas anodin : il permet de distinguer le livre d’une dark romance pure, tout en conservant l’aura sulfureuse associée à l’autrice.