Entretien

Sarah Rivens : “J’ai toujours aimé écrire, j’avais envie de faire sortir des idées de ma tête”

17 février 2024
Par Pauline Weiss
Sarah Rivens est l'autrice de “Captive” et de “Lakestone”.
Sarah Rivens est l'autrice de “Captive” et de “Lakestone”. ©RomaissaDjidel

Depuis la publication de Captive et de ses trois volumes, en 2022, l’autrice algérienne Sarah Rivens est devenue un phénomène des réseaux sociaux et des librairies. À l’occasion de la sortie de son nouveau roman, Lakestone, qui s’est imposé en tête des ventes du mois janvier, L’Éclaireur a rencontré l’écrivaine de 26 ans lors de sa séance de dédicace à la Fnac des Ternes de Paris.

Quel lien entretenez-vous avec vos lecteurs et lectrices grâce à Wattpad et les réseaux sociaux ?

Tout a commencé avec Wattpad. Les commentaires des lecteurs et lectrices ont lancé nos premières interactions. Cela a continué sur Instagram, sur TikTok, puis grâce aux lectures en live. Mes histoires nous ont finalement permis de tisser des liens très forts. J’en reconnais désormais certains et certaines sur les réseaux sociaux.

Les réseaux sociaux ont été un levier important pour l’univers de Captive. Quel est le lien, selon vous, entre vos œuvres et les réseaux sociaux ? Pensez-vous que cela a ouvert la voie à un nouveau phénomène de lecture, donnant envie à des lecteurs et lectrices de s’investir plus dans la lecture ?

Les réseaux sociaux ont permis de faire connaître le livre. Je le vois ainsi comme un levier “publicitaire”. C’est une nouvelle façon de recommander un livre. Depuis la pandémie, il y a aussi eu l’émergence de BookTok avec un boom des recommandations de lectures par les lecteurs eux-mêmes. Tout est désormais plus facile, grâce aux réseaux sociaux notamment.

Sarah Rivens en dédicace à la Fnac des Ternes, le 7 février.©Fnac

Enfant, puis adolescente, quelle lectrice étiez-vous ?

J’étais une “Wattpad girl”. J’ai commencé à lire sur cette plateforme d’édition à 11 ans. Je lisais surtout des fan-fictions, notamment celles sur les One Direction. J’ai ensuite étendu mon spectre en lisant de tout. Certaines lectrices me disent d’ailleurs que Captive leur a donné envie de lire, et depuis, elles lisent beaucoup.

D’où vient cette envie d’écrire ? Quel a été le déclic ?

J’ai toujours aimé écrire. J’ai commencé à 11 ans, au même moment où j’ai commencé à lire. L’écriture m’est surtout venue par envie. Je n’étais pas influencée par quoi que ce soit, j’avais simplement envie de faire sortir des idées de ma tête.

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Quel est votre processus d’écriture ?

Je suis très aléatoire, je n’ai pas de processus et laisse mon imagination prendre le dessus. Il y a des périodes où je n’écris pas du tout et des périodes où j’ai vraiment besoin d’écrire. Là, je n’avais rien écrit depuis trois ou quatre mois, et c’est soudainement venu quand j’étais dans le train.

En 2023, vous étiez en tête des ventes de livres en France et vous êtes devenue l’écrivaine algérienne la plus lue. Vous attendiez-vous à un tel succès ?

On ne s’attend jamais au succès, c’est hors de notre portée. Mais je savais que mes histoires étaient lues sur Wattpad. Les lecteurs achètent souvent le livre ensuite. Cela donne une certaine notion, même si la réalité est différente. Pour moi, il s’agissait d’abord de chiffres. Cela a fini par se transformer en de véritables personnes.

Comment l’histoire de Captive est-elle née ?

J’avais 19 ans, j’étais en licence et je m’ennuyais. Une amie m’a demandé pourquoi je ne me lançais pas sur Wattpad. Elle m’a forcée et je l’ai fait. Je connaissais rapidement la fin de Captive, mais pas la trame, qui s’est construite au fur et à mesure.

Que préférez-vous chez les personnages de Captive, Ella et Asher ?

Ella a beaucoup d’empathie, elle est très altruiste, et se laisse aussi beaucoup effacer pour laisser place à ce qu’elle peut apporter aux autres. C’est le cas de la plupart de mes personnages féminins. Cette qualité est aussi un défaut, elle est toxique pour elle. Concernant Asher, j’aime le fait qu’il réfléchisse beaucoup plus que ce qu’il peut faire ressentir. Il est dans la logique plutôt que dans l’émotion, il est très calculateur et privilégiera toujours cet aspect.

Les différents tomes de Captive abordent respectivement plusieurs points de vue. Quel défi cela représente-t-il en tant qu’écrivaine ?

Il faut bien connaître les différences entre ses personnages et savoir les écrire. Et je connais très bien mes personnages. Je pars donc d’une suite logique. Je me dis qu’Ella réfléchirait plus de telle façon, mais que cela ne serait pas du tout le cas d’Asher et de Ben.

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire Lakestone ? En quoi son approche a-t-elle été différente par rapport à celle de Captive ?

Quand j’ai commencé le tome 2 de Captive, je connaissais déjà l’histoire de Lakestone. Du moins, son personnage, Kai. Captive était centré sur un certain contexte, avec une mafia, tandis que Lakestone part des personnages. Écrire une histoire centrée sur deux personnages était ma priorité. Je vois d’ailleurs Kai comme mon héroïne la plus complexe à ce jour. Il a ensuite fallu trouver un contexte. L’approche a donc été inversée par rapport à celle de Captive.

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Vous commencez vos livres avec une playlist. Pourquoi ce choix ? Comment choisissez-vous les artistes ?

C’est un avant-goût de l’histoire, basé sur mes propres goûts et les ressentis que j’avais par rapport au livre. Je pense que c’est la partie que je travaille le plus, cela me prend une semaine. Cela était plutôt facile pour Captive, comme pour Lakestone, parce que j’ai repris ce que j’écoutais avant de les écrire et pendant. J’adore les playlists, elles reflètent très bien les atmosphères du livre.

Qui sont vos auteurs et autrices préféré·e·s, ceux et celles qui vous inspirent ?

Il n’y en a pas vraiment. Je m’inspire de ce que j’aime en général, je pars d’une “vibe” et de ce que j’apprécie dans une potentielle lecture. La musique ou les séries sont beaucoup plus importantes. Par exemple, Peaky Blinders a été centrale pour imaginer Captive.

Can you keep a secret ? d’Ellise.

Quels sont vos derniers coups de cœur culturels ?

Je pourrais en donner 15 000 ! En musique, il y a toujours Harry Styles. Et Ellise, l’artiste que j’écoute le plus. Je l’ai beaucoup écoutée en écrivant Lakestone. Côté séries, j’ai adoré The Haunting of Hill House, La Chute de la maison Usher et Euphoria.

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