Lancées en grande pompe en 2012, les Google Glass ont vécu une fin tragique à peine trois ans plus tard. Trop chères, sans doute trop intrusives, ces lunettes connectées n’ont pas séduit. En 2026, les produits et le marché ont changé, et le public regarde désormais cet accessoire avec envie. Oui, on pense déjà à l’après-smartphone.
Introduction
Présentées presque simultanément comme des extensions du smartphone, les lunettes et les montres connectées n’ont pas subi le même sort. Alors que les bracelets ont su naturellement trouver leur public, qu’il soit sportif ou hyperconnecté, les lunettes ont suscité autant d’intérêt que de méfiance. Il faut dire que les premiers modèles ont de quoi surprendre, avec leur caméra qui nous observe en permanence. C’est une véritable barrière physique entre deux personnes qui touche à un élément essentiel des relations humaines : le regard.
Si elles aiguisent la méfiance, les lunettes connectées sont par ailleurs l’objet de nombreux fantasmes, comme en témoigne la présence de tels dispositifs dans de nombreux films ou animes de science-fiction où l’on voit des personnages obtenir des informations sur ce qu’ils voient en temps réel pour les aider à prendre des décisions. On se souvient tous, avec une certaine anxiété, du scan du T-800 (le Terminator) quand il recherche des habits et, bien sûr, traque Sarah Connor. Cette réalité, dite augmentée, est un fantasme qui n’est pas loin de prendre forme.
Des avancées technologiques et des orientations

Trop disruptive dans leur format, les Google Glass n’ont pas survécu et les modèles qui ont suivi se sont fondus dans des « moules » plus classiques des paires de lunettes traditionnelles. Au fil des années, on a vu plusieurs orientations prendre forme, avec d’un côté des lunettes qui intègrent du son et de la captation photo-vidéo, comme des extensions du smartphone, et, de l’autre, des lunettes plus orientées divertissement qui proposent une projection très rapprochée d’un contenu (film, jeux) pour une immersion complète et un isolement total. Les grands classiques dans ce domaine sont les XReal One Pro ou RayNeo GT Max, qui peuvent simuler un écran de 267”.
Une autre approche est également explorée sous la forme de casques beaucoup plus immersifs, mais également plus encombrants et plus lourds. C’est la porte d’entrée vers le monde du mélange entre réalité virtuelle et réalité augmentée, avec comme principaux représentants le Vision Pro chez Apple ou le Quest 3 chez Meta. Mais l’engouement vers ces casques semble s’amenuiser et il est probable que ces technologies ne restent intéressantes que dans certains cas d’usage bien particuliers.
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L’intelligence artificielle (toujours elle) à la rescousse
Vous l’aurez compris, ce sont bien les lunettes de fonctionnalités audio, photo ou vidéo qui ont désormais la cote. Avec la miniaturisation toujours plus poussée des haut-parleurs ou des caméras, les lunettes connectées de 2026 sont presque méconnaissables. Bien sûr, les branches sont généralement un peu plus épaisses afin d’y loger des haut-parleurs directifs et surtout des batteries. Mais elles sont devenues plus élégantes et plus légères. Les constructeurs ne s’y sont pas trompés et ont noué d’ailleurs des partenariats esthétiques avec de grands noms de l’optique. Meta s’est rapproché de Ray-Ban et de Oakley, Samsung de Gentle Monster et Google de Kering (Gucci).
Sur le plan technique, des haut-parleurs à oreille ouverte diffusent le son sans isoler de l’environnement, tandis que des réseaux de micros captent la voix. La liaison au smartphone s’effectue en Bluetooth ou wifi, le contrôle s’opérant par commandes vocales, pavé tactile, suivi du regard ou gestes. Vous pouvez donc passer des appels, écouter de la musique ou des podcasts, prendre des photos ou des vidéos.
Mais c’est davantage l’arrivée de l’intelligence artificielle embarquée, comme Meta AI, qui a transformé ces montures en assistants capables de répondre aux questions, d’identifier des objets ou de traduire des conversations en temps réel.
Pour s’extraire de la connexion au smartphone et gagner en autonomie, certains modèles, comme les Samsung Galaxy Glasses ou les Google Glasses, intègrent désormais leur propre puce de traitement des données (Qualcomm Snapdragon XR). Il est probable que la prochaine étape soit une connexion autonome à Internet.
L’ère de l’enregistrement permanent
L’embarquement de capteurs visuels et sonores soulève toutefois des interrogations éthiques. Filmer plus discrètement qu’avec un smartphone a rendu obligatoire l’intégration d’un témoin lumineux lors des enregistrements. Cette prévention fonctionne pour les photos ou les vidéos, mais qu’en est-il pour l’enregistrement audio ? Sur ce point, c’est encore très flou et l’arrivée d’Audio Intelligence chez Apple n’est pas là pour arranger les choses. La connexion directe aux comptes d’utilisateurs ravive également les débats sur le stockage des données personnelles et le profilage. Sur ces différents aspects, les marques et les éditeurs de logiciels devront redoubler de vigilance.
La projection sur les verres : ça s’incruste
L’audio et la photo-vidéo sont donc un bon début, mais, avec une paire de lunettes, on en veut forcément un peu plus et notamment pour la vision. Si les Google Glass de 2012 avaient déjà une solution de projection d’informations, les technologies ont largement évolué, avec notamment le développement de la technologie de guide d’onde (waveguide). Mais qu’est-ce donc ? Un guide d’onde est une plaque de verre ou de plastique fine et transparente qui canalise la lumière d’un microprojecteur vers l’œil par réflexions internes successives (comme dans une fibre optique), tout en laissant passer la lumière du monde réel. C’est la technologie qui permet aux lunettes AR d’afficher une image virtuelle « flottante » dans un verre qui a l’air normal.
Ce type de technologie permet donc d’afficher des informations sur vos verres à la demande. Enfin, vos ou votre verre. En effet, la technologie est encore coûteuse et gourmande en énergie, et certains constructeurs n’utilisent qu’un seul projecteur (et généralement, on ne peut pas choisir de quel côté de la paire), à l’image des Meta Display (non vendues en France pour des raisons légales), qui constituent la quintessence de l’écosystème Meta. Associées à un bracelet (Neural band), elles vous permettent de naviguer assez facilement dans une interface graphique pour accéder à vos différentes applications. Dans cette catégorie, vous trouverez également les modèles RayNeo IO (TCL) Even Reali. Aujourd’hui, seul Snap se permet de proposer un modèle à deux écrans, sous le nom de Specs, au prix spectaculaire de 2 295 € (oui, oui…).

Hormis le prix, il reste bien sûr encore quelques écueils, et pas des moindres. L’autonomie est la première pierre d’achoppement et ces paires de lunettes multimédias ne tiennent généralement pas (encore) une journée complète. On s’imagine encore mal recharger, ne serait-ce que pendant quelques dizaines de minutes, sa monture de vue. Les systèmes sont aujourd’hui encore trop verrouillés par les marques, qui veulent conserver leur avance, et les applications peu nombreuses. Mais cela pourrait changer avec l’arrivée massive de modèles chinois beaucoup moins regardants. Il faudra également trouver de véritables applications intéressantes. Car oui, la traduction en direct est intéressante, mais il est rare d’en faire une utilisation quotidienne. Mais, nous n’en sommes qu’aux balbutiements et tout est encore à inventer.

Et dernier point, de coquetterie, la variété des montures n’est pas assez importante. Pour certains, comme votre serviteur, une paire de lunettes est un objet différenciant. Et pour l’instant, les quelques modèles disponibles se ressemblent beaucoup trop.
Sélection de 3 modèles phares
- Meta Ray-Ban Wayfarer (Gen 2), de 419 € à 499 € : elles associent le design emblématique de Ray-Ban à un écosystème audio discret, une caméra HD et l’assistant Meta AI.
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- Oakley Meta HSTN (489 €) : conçues pour une pratique sportive et active, elles offrent un maintien renforcé, des verres polarisés et des fonctionnalités IA intégrées.
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- Rokid Noir (699 €) : modèle phare de la catégorie avec affichage embarqué, elles projettent un écran virtuel directement dans le champ de vision.