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Thomas Lilti : 3 minutes pour comprendre l’affaire de plagiat

23 juin 2026

Par Robin Negre

Illustration
Le film “Médecin de campagne” de Thomas Lilti. ©Le Pacte

Le cinéaste derrière les films Hippocrate, Médecin de campagne ou encore Première Année est notamment accusé de plagiat.

Introduction

L’ancien médecin et cinéaste Thomas Lilti a fait l’objet d’une longue enquête publiée par Médiapart, et mettant en lumière des accusations de plagiat à son encontre. Le scénariste aurait ainsi volé le travail de plusieurs femmes scénaristes de 2008 à 2020 pour créer sa série Hippocrate et ses nombreux films sur le thème de la médecine, du soin et du secteur public. Toujours d’après l’enquête de Médiapart, Thomas Lilti se serait approprié le travail de Lila – le nom a été changé –, engagée comme ghost writer pour plusieurs épisodes de la série Cœur Océan et ayant activement participé au processus d’écriture d’Hippocrate et de Médecin de campagne.

Que dit l’enquête de Médiapart ?

Lila n’aurait pas été rémunérée pour ce travail ni créditée dans les génériques. Sa nouvelle, Les ors de la République, aurait servi de base pour le développement d’Hippocrate. L’enquête révèle qu’un protocole d’accord confidentiel aurait été signé en 2016 entre Thomas Lilti et Lila, sans qu’elle puisse bénéficier de droits d’exploitation, son nom étant simplement mentionné dans les crédits.

Outre cette accusation de plagiat, Médiapart rapporte également des conditions de travail toxiques mises en place par le réalisateur, notamment pendant l’écriture de la seconde saison d’Hippocrate. Quatre des sept membres auraient quitté l’équipe à cause d’un épuisement physique et psychologique dû à une charge excessive de travail, des propos sexistes et des insultes.

Enfin, l’enquête évoque l’exercice illégal de la médecine par Thomas Lilti, malgré sa radiation en 2012. Il aurait en effet continué de rédiger des prescriptions en utilisant des ordonnances au nom de son père décédé.

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Le cinéaste conteste tout

Depuis la publication de l’enquête de Médiapart, Thomas Lilti a pris la parole sur ses réseaux sociaux et conteste toutes les accusations. Concernant le plagiat, il rappelle que le projet d’Hippocrate résulte de son idée, qu’il avait développée déjà en 2008 avec son frère, avec l’existence d’un dossier de 24 pages déposé au CNC en juin 2009 que Médiapart n’aurait pas mentionné.

Pour Thomas Lilti, la participation de Lila à ses films a été « très marginale » ou minime et ne justifiait pas le rôle de co-autrice.

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Dans son droit de réponse, le cinéaste revient sur tous les points abordés par Médiapart – l’exercice illégale de la médecin, les propos ou les actes sexistes, les accords confidentiels signés –, tout en déplorant certaines pratiques qu’il juge malhonnête. Il reproche notamment au journal le terme « radié », alors qu’il a quitté l’ordre des médecins de lui-même pour se consacrer au cinéma et estime que certains témoignages présentés sous deux noms différents émanent en réalité de la même personne.

D’après Thomas Lilti, toutes ces accusations résultent d’une tentative malveillante menée par d’anciens proches ou collaborateurs qui voudraient désormais lui nuire et il termine en estimant que « ces pseudo-révélations de Médiapart ne participent pas à faire grandir un débat d’intérêt général pourtant nécessaire ».

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