La série retrace l’ascension puis la chute de Jane Andrews, ancienne habilleuse de Sarah Ferguson condamnée pour meurtre. Inspirée d’un fait divers, mais traversée par plusieurs zones grises.
Introduction
Un titre de drame princier, mais un sujet de true crime. Avec The Lady : a royal murder scandal, disponible en France sur HBO Max depuis le 18 juin, la télévision britannique revient sur une affaire criminelle qui avait fasciné les tabloïds au début des années 2000. Diffusée au Royaume-Uni ce printemps, cette mini-série en quatre épisodes ne raconte pas la chute d’une reine ou d’une princesse, mais celle d’une femme entrée par une porte latérale dans l’intimité de la famille royale.
De quel fait divers parle The Lady ?
Née dans le Lincolnshire et issue d’un milieu modeste, Jane Andrews répond à 21 ans à une annonce publiée dans le magazine The Lady. En 1988, elle devient habilleuse personnelle de Sarah Ferguson, alors duchesse d’York.

Son poste prend fin en 1997, après neuf années de service. Peu après, elle rencontre Thomas Cressman, financier issu d’un milieu aisé. Leur relation, passionnelle puis instable, devient le cœur de l’affaire. Le 17 septembre 2000, après une dispute, Cressman est tué dans son appartement londonien. Jane Andrews est arrêtée, jugée, puis reconnue coupable de meurtre en 2001.
Quelle est la part de réalité ?
La série reprend l’ossature de la véritable histoire : son emploi auprès de Sarah Ferguson, son ascension sociale fulgurante avant d’être licenciée, sa relation avec Thomas Cressman… Lors du procès, l’accusation a soutenu qu’elle l’avait frappé avec une batte de cricket avant de le poignarder. Elle a été condamnée à la prison à vie, s’est brièvement évadée d’un établissement ouvert en 2009, puis a été libérée en 2019 après avoir purgé 18 ans de prison.
L’affaire reste pourtant traversée par deux récits opposés. L’accusation a décrit une femme possessive, blessée par le refus de mariage de son compagnon. Jane Andrews a, quant à elle, affirmé avoir subi des violences physiques, sexuelles et psychologiques.
Qu’est-ce qui relève de la fiction ?
The Lady n’est, pour autant, pas un documentaire. Les dialogues, les scènes privées, une partie de la mécanique psychologique appartiennent à l’écriture. La série romantise surtout les zones impossibles à documenter : conversations avec Sarah Ferguson, intimité de palais, tensions du couple, perceptions de Jane Andrews… Elle dramatise aussi l’opposition entre deux mondes : celui de la haute société britannique et celui d’une jeune femme qui tente d’y trouver sa place.