Les prises de parole des dirigeants de XBOX et Microsoft se multiplient, pour le meilleur comme pour le pire.
Introduction
Quelques jours après la tenue du XBOX Games Showcase et l’annonce de nombreux titres enthousiasmants comme le remake de Halo ou la sortie prochaine du nouveau Gears of War, l’ambiance a radicalement changé à la tête de XBOX. Il y a quelques jours, la nouvelle PDG de l’entreprise, Asha Sharma, publiait une feuille de route énigmatique pour les 100 prochains jours de son mandat, appelant à un « reset » qui, d’après les informations de Bloomberg, prendrait la forme de nombreux licenciements. Aujourd’hui, Matthew Ball, directeur de la stratégie de Microsoft Gaming, dit ne pas trouver l’idée de publicités intégrées dans les jeux si extravagante.
Bientôt de la pub dans les jeux Xbox ?
Invité du podcast de The Game Business, le nouveau stratège de XBOX ne dit pas autre chose que sa patronne lorsqu’il exprime le besoin, pour la marque, de reprendre pied après une décennie extrêmement compliquée – vécue dans l’ombre de son grand concurrent Sony, dont les PlayStation 5 s’écoulent comme des petits pains. Pour ce faire, XBOX va notamment avoir besoin de liquidités. En effet, Satya Nadella, PDG de Microsoft, disait à demi-mot dans un autre podcast la semaine dernière avoir suffisamment réglé l’ardoise de sa division gaming. Il est temps qu’elle prenne son envol et cesse de se reposer sur l’argent infini de la maison mère.
L’une des pistes explorées par Matthew Ball consisterait… à intégrer de la publicité dans les jeux développés par ses studios (Halo, Fable, Gears of War, Forza Horizon…). Comment, en quelle quantité, pour qui ? Il n’en dit encore rien, lui qui semble en réalité réfléchir simplement à voix haute.
Il faut dire que l’idée avait déjà été évoquée il y a plusieurs mois, mais de façon détournée. Elle ne semblait concerner, à l’époque, que le cloud gaming, afin de soutenir les dépenses en serveurs et en bande-passante induites par le service.
L’obsession Netflix
Conscient du caractère incendiaire de son idée, alors même que le prix du Xbox Game Pass vient d’être abaissé après avoir frôlé les 30 € mensuels, Matthew Ball tempère en disant que « la question n’est pas de savoir si on peut fourrer de la pub partout », mais que l’option publicitaire reste envisageable pour s’assurer que Microsoft puisse continuer à « maintenir des produits abordables ». Rappelons qu’un jeu vidéo Xbox coûte aujourd’hui 69,99 € dans le commerce et sur le store dématérialisé ; qu’une console Xbox Series S démarre à 299 € et que le modèle plus performant, Series X, s’affiche à 599 €.
Voilà des années, en réalité, que XBOX prépare le terrain à ce qui semble de plus en plus inéluctable. Le prédécesseur d’Asha Sharma, Phil Spencer, s’est à plusieurs reprises exprimé sur la stratégie de Netflix (qui n’a jamais eu autant d’abonné·es que depuis que les formules payantes avec publicité existent). La nouvelle patronne de la marque, dès sa prise de fonctions, avait également abordé l’idée d’un lot regroupant les abonnements à Netflix et au Xbox Game Pass. Ne manque finalement à ce dernier qu’un nouveau palier, plus abordable, qui afficherait occasionnellement de la publicité à ses souscripteurs. Après tout, Disney+ et d’autres ont déjà suivi le mouvement.
Reste à savoir à quel point les joueurs et les joueuses seront enclin·es à avaler cette pilule, alors que Microsoft est, paradoxalement, le seul constructeur qui, pour l’instant, n’a pas encore augmenté le prix, ni de ses jeux ni de ses consoles, alors que la pénurie de composants ne montre aucun signe d’accalmie.