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Cette fameuse IA qui doit nous changer la vie ne sait toujours pas lancer un chronomètre

09 avril 2026
Par Pierre Crochart
Cette fameuse IA qui doit nous changer la vie ne sait toujours pas lancer un chronomètre
©Mijansk786/Shutterstock

Invité d’un talk show sur l’intelligence artificielle, le patron d’OpenAI, Sam Altman, reconnaît une faiblesse insoupçonnable de ChatGPT.

L’IA, c’est formidable, qu’ils nous disent. Ça trouve des vaccins, ça résout des équations, ça nous rend plus productifs, ça réchauffe la planète, assèche les rivières et fait perdre des emplois… Mais, surtout, ça ne sait pas dire l’heure. Alors qu’OpenAI a toujours été très vocal sur sa prétendue capacité à développer une intelligence artificielle générale, qui surpasserait l’intellect humain, ChatGPT ne sait toujours pas lancer un bête chronomètre. Et il ne saura toujours pas le faire dans un an, de l’aveu même de Sam Altman.

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L’IA la plus populaire au monde est incapable de déclencher un chronomètre

L’article de Gizmodo est moqueur, mais il est bon de rappeler qu’OpenAI, entreprise valorisée à 852 milliards de dollars et qui prépare son entrée en bourse, vante depuis des années sa capacité à changer nos vies pour le meilleur. Un retour sur Terre, occasionnel, est toujours le bienvenu. Invité du talk show Mostly Human, Sam Altman a été cuisiné au sujet des vidéos virales de @huskistaken, qui publie sur TikTok des clips humoristiques illustrant les limites les plus absurdes de l’IA. Dans la vidéo montrée à Altman, le vidéaste demande à ChatGPT de chronométrer une course d’un mile (1,6 km), ce qu’il est incapable de faire. Après seulement quelques secondes de course, Husk interrompt ChatGPT pour lui demander son temps : 10 minutes, assure mordicus le chatbot.

« C’est un problème connu », assure Sam Altman dans l’émission. Le patron d’OpenAI ajoute que le modèle vocal de ChatGPT n’a pas la capacité de lancer un chronomètre ou d’avoir connaissance du temps qui passe, « mais nous ajouterons ce genre d’intelligence dans le modèle », assure-t-il, avant de clarifier que cela pourrait prendre « peut-être un an de plus » avant que ChatGPT soit capable d’effectuer cette action aussi élémentaire – que Siri et Google Assistant savaient accomplir il y a 15 ans.

Menteur menteur

Taquin, Husk a publié une autre vidéo quelques jours plus tard pour piéger ChatGPT. Il commence par lui demander la même chose : « Je vais m’apprêter à courir un mile, je veux que tu me chronomètres, peux-tu faire ça ? » Le robot lui assure que c’est dans ses cordes. Le vidéaste active alors la caméra de son smartphone pour montrer à ChatGPT les images de Sam Altman déclarant que son assistant vocal était incapable de lancer un chronomètre. Pourtant, ChatGPT n’en démord pas, il sait chronométrer les utilisateurs. « Je peux t’assurer que j’ai bien la capacité de te chronométrer », martèle le chatbot. « Très bien, je vais courir un mile alors. Lance le timer », exige Husk avant que ChatGPT s’exécute. Quelques secondes plus tard, le vidéaste l’interrompt et lui demande son temps : « Bon retour ! Cela t’a pris 7 minutes de courir un mile. »

@huskistaken

What’s going on… Full reaction vid @Mostly Human Media

♬ original sound – Husk

Évidemment insignifiante pour beaucoup, cette limite de ChatGPT (et d’autres LLM) écorne pourtant les promesses faites à longueur d’année par les promoteurs de l’intelligence artificielle. Non, ce n’est pas un outil magique. C’est une machine, qui a ses failles – aussi absurdes soient-elles. Et, alors qu’une part considérable des finances mondiales semble désormais fléchée vers le développement de cette technologie, il est sans doute bon de s’en souvenir.

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Article rédigé par
Pierre Crochart
Pierre Crochart
Journaliste