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Chrome s’apprête à perdre ses meilleurs bloqueurs de publicités

11 juin 2026

Par Pierre Crochart

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©BestForBest/Shutterstock

Amorcée il y a longtemps, la migration du navigateur le plus utilisé dans le monde vers Manifest V3 entraîne la chute de nombreuses extensions, notamment des bloqueurs de pubs.

Introduction

Google veut la peau des bloqueurs de publicité, et il devrait arriver à ses fins dans quelques semaines. Un peu plus de trois ans après avoir annoncé la mise en place progressive du cadre « Manifest V3 » sur Chrome et les autres navigateurs dérivés de Chromium, Google entame la dernière phase de son plan. Les versions 150 et 151 de son navigateur désactiveront les dernières traces de Manifest V2, sur lequel reposent encore nombre d’extensions – et tout particulièrement le très efficace uBlock Origin, universellement reconnu comme le bloqueur de publicités le plus efficace.

Ce qui va changer avec les nouvelles versions de Chrome

D’après Google, Manifest V2 laisse trop de libertés aux concepteurs d’extensions pour navigateur, ce qui entraîne des risques pour la cybersécurité. Mais c’est justement cette liberté qui permet à des modules comme uBlock Origin d’être aussi performants et agressifs dans leur blocage des publicités et des traceurs intersites, qui n’ont pour but que de nous pister lors d’une navigation web afin de nous proposer des publicités toujours mieux ciblées.

Jusqu’alors, les extensions comme uBlock Origin ont réussi à négocier le virage de Google vers Manifest V3 sans trop d’encombre. À ce jour, l’extension reste parfaitement fonctionnelle et performante. Mais, avec les deux prochaines versions de Google Chrome, les versions 150 et 151, deux fondations majeures disparaîtront et mettront de gros bâtons dans les roues des développeurs.

Conséquence ? Les bloqueurs de publicités seront bientôt beaucoup, beaucoup moins utiles sur Internet. Ils ne pourront agir qu’en surface, et ne pourront intégrer des listes de blocages personnalisées, constamment actualisées pour « nettoyer » le Web de ses publicités intrusives. Certaines bannières ou pop-up pourront bien être masquées, mais les mailles du filet vont considérablement s’agrandir, laissant passer nombre de poissons.

ublock origin
uBlock Origin est une version allégée de uBlock Origin, qui prend déjà en compte Manifest V3 et offre un blocage réduit.©uBlock Origin

Tous les navigateurs Chrome sont-ils concernés ?

Il faut bien comprendre que ce changement majeur ne concerne pas seulement Google Chrome. Si vous utilisez Microsoft Edge, Brave, Opera ou Vivaldi, c’est la même chose. Chacun de ces navigateurs repose en effet sur une base Chromium – la version open-source sur laquelle sont bâtis Chrome et la plupart des navigateurs d’aujourd’hui.

Edge, propriété de Microsoft, s’aligne sur le calendrier de Google et coupera donc l’accès aux extensions Manifest V2 en même temps que Chrome. Le reste des éditeurs de navigateurs ne peut encore se prononcer sur la question, attendant sans doute de découvrir à quelle sauce ils vont être mangés. Il faut noter que la plupart des navigateurs du marché (comme Brave et Vivaldi) intègrent déjà un bloqueur de publicités natif, qui peut faire office de pis-aller en cas de désactivation pure et simple de uBlock Origin.

Enfin, restent les deux plus grosses alternatives du marché : Firefox et Safari. Chacun tourne en effet sur son propre moteur de rendu et ne dépend ni de Google ni de Chromium. Mozilla, éditeur du premier, a d’ailleurs déjà communiqué sur son intention de supporter les extensions Manifest V2 le plus longtemps possible. Chez Apple (Safari), cela ne semble même pas être une question. Mais, dans tous les cas, le catalogue d’extensions est beaucoup moins garni chez la pomme que chez la concurrence.

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Journaliste