À contre-courant des standards du shōnen, ce nouvel anime s’intéresse à un univers peu exploré à l’écran : le rakugo, un art japonais traditionnel. Son adaptation interroge la capacité de l’animation à donner forme à une pratique fondée sur la narration.
Dans un paysage dominé par les récits d’action, Akane-banashi pourrait bien se démarquer par sa thématique inattendue. Adapté du manga de Yuki Suenaga et Takamasa Moue, l’anime fait son arrivée en streaming avec une diffusion hebdomadaire à partir du 4 avril sur ADN. Issu du Weekly Shōnen Jump, le projet s’écarte des récits dominants pour explorer un art traditionnel japonais : le rakugo, narration scénique où un conteur seul interprète plusieurs personnages à la voix et au geste.
De quoi ça parle ?
Prépublié depuis février 2022 chez Shueisha, Akane-banashi est publiée en France chez Ki-oon et compte aujourd’hui une vingtaine de tomes au Japon. Le récit suit Akane Osaki, lycéenne déterminée à devenir rakugoka. Enfant, elle assiste à l’échec de son père, renvoyé sans explication par un maître influent lors d’un examen décisif. Cet événement fonde sa trajectoire : comprendre cette injustice et restaurer un héritage brisé.
Le manga articule une progression classique : formation, rivalités, concours. Akane évolue dans un milieu codifié, encadrée par des figures d’autorité, tout en affrontant d’autres apprentis aux approches divergentes.
Le rakugo, un défi narratif ?
Art né à l’époque Edo, le rakugo repose sur une narration scénique solitaire : assis, le conteur interprète plusieurs personnages à l’aide de variations de voix et de gestes, avec pour seuls accessoires un éventail et un tissu.
Le manga se distingue autant par l’originalité de ce sujet que par sa capacité à donner forme visuelle à une discipline fondée sur l’oralité. Expressions, silences et rythmes prennent le relais de l’action. L’adaptation animée devra prolonger cette approche, en s’appuyant sur la mise en scène et le jeu des voix.
Qui est derrière l’anime ?
La série est produite par le studio ZEXCS (Diabolik Lovers, Shadowverse Flame). La réalisation est confiée à Ayumu Watanabe, connu pour Les enfants de la mer ou Time Shadows. Le design des personnages est supervisé par Kii Tanaka et la musique est signée Michihiro Tsuchiya.