Plusieurs autrices devraient marquer la rentrée littéraire d’août-septembre 2026. À cette occasion, L’Éclaireur vous dévoile quelques noms des plumes à ne pas manquer.
Introduction
La rentrée littéraire de la fin d’été promet de faire revenir plusieurs figures féminines du roman français tout en laissant une place aux premiers textes. Mémoire, violence, filiation, adolescence, héritage… : de nombreux romans avancent depuis l’intime, sans jamais s’y enfermer. Derrière ces trajectoires se dessinent des histoires plus vastes à découvrir.
Quels sont les grands retours de la rentrée ?
Amélie Nothomb reste l’un des rendez-vous les plus visibles de la saison. Avec L’adolescence du perroquet, son 35e roman, l’autrice belge retrouve la rentrée d’août avec un texte annoncé autour d’une formule brève :« L’amour n’est pas un dû. » Le livre paraît chez Albin Michel le 19 août.
Adèle Haenel fera aussi partie des curiosités de la saison avec Viser juste, publié le 21 août et écrit avec Gisèle Vienne. Pour son premier livre, la comédienne suit un enfant fantôme lancé sur les traces de sa propre disparition.
Nina Bouraoui revient également avec Championne, le 19 août chez JC Lattès. Le roman suit une jeune fille travaillée par la colère et la compétition. De son côté, Véronique Ovaldé publie le même jour Vivre sans bonheur et n’en point dépérir, autour de vies cabossées, de femmes qui tiennent malgré de vieilles blessures.
Comment l’histoire travaille-t-elle les familles ?
Avec Les filles du 9 juin, Maylis Besserie revient, quant à elle, sur le massacre de Tulle en 1944, lorsque 99 hommes furent pendus par la division SS Das Reich. Le roman suit trois femmes à trois époques différentes et observe ce que cet événement a laissé derrière lui.
Sonia Devillers poursuit, avec Le fabuleux piano, son travail autour de la mémoire juive et familiale. Après Les exportés, elle part cette fois sur la trace d’un piano à queue volé par les nazis en 1943. Marion Brunet, dans Ne cherche pas le chaos, relie le Chili de 1973 à la France contemporaine. Le roman tourne autour d’un père et d’un passé politique longtemps tenu à distance.
Quelles filiations faut-il réparer ?
Line Papin signe avec Hanoi Stories un retour vers le Vietnam, pays de ses origines. Une jeune femme quitte Paris pour Hanoï après avoir perdu l’élan d’aimer et d’écrire. Dans cette ville, elle cherche moins une racine qu’une manière de recomposer son identité.
Dans Le roman de Sophie, Véronique de Bure revient sur Sophie Rostopchine, comtesse de Ségur. Le livre s’attache à la vieille femme autant qu’à l’icône de la littérature enfantine. Rachida Brakni explore, avec La part absente, la violence contenue dans un prénom modifié. Dans celui-ci, Karina Leroy est née Karima mais a changé une lettre pour échapper aux discriminations. Le roman regarde ce que ce déplacement minuscule peut être comme blessure.
Quels corps entrent en résistance ?
Dans Tuer le vieux, premier roman de Daria Marx, une femme prend le train vers le Pays basque pour retrouver un homme qu’elle appelle « le vieux ». Le trajet devient une marche intérieure vers la confrontation, portée par la colère et une question : que faire de celui qui a abîmé une vie ?
Avec Le nénuphar, Alexandrine Descotes signe aussi un premier roman, cette fois autour d’une naissance par fécondation in vitro. La narratrice, née triplée, cherche à comprendre ce que son histoire médicale a produit dans sa famille.
Émilie de Turckheim choisit un registre plus tendre et grinçant avec Fanny à la folie. À 86 ans, cette dernière refuse de quitter sa rue. Le déménagement forcé réveille une vie : les morts, les amours, les fidélités et une forme de résistance contre l’effacement des personnes âgées.
Quelles voix repérer ?
Lilia Hassaine propose avec Je une variation de Jane Eyre en donnant voix à Antoinette Cosway, première épouse de Rochester alors que Sophie Divry, avec Rochebrune, emprunte une voie plus romanesque encore.
Dans Les amours fées, Pauline Mari revient à La petite sirène, Alice au pays des merveilles et à Peter Pan pour chercher les chagrins cachés derrière les contes. Anna Ostasenko Bogdanoff publie Rappelle-moi, ma belle, premier roman nourri d’archives autour de son père, Igor Bogdanoff. Esther Teillard arrive avec Fuck Circus tandis que Sara Bourre signe Les sangs bleus autour d’un déjeuner familial à Prague.